Café du Nord
C’est un café branché qui se veut imitation de Starbucks. Les tables, les chaises, le parquet, le comptoir et le bas des murs sont en bois mais ce n’est pas un bois brut, c’est un contreplaqué un peu sombre, comme les imitations de mobilier en teck dans les catalogues Ikea. Le café est en sous-sol. On y accède par un escalier qui donne sur l’avenue Vali-Asr, à proximité de Tadjrich. Il y a une musique chaleureuse, parfois en italien et parfois en anglais. Elle contribue, avec la température du lieu, à me réchauffer. Il y a dans ce café quinze clients, moi compris, répartis ainsi : cinq tables de deux (avec toutes les compositions sexuées), une table de trois filles et un garçon, et moi, seul. Tout le monde a entre 20 et 35 ans et porte des vêtements sombres, sauf une fille avec un sweat-shirt rose. Les serveurs ont un tablier bleu nuit au dessus d’un polo orange vif où l’on peut lire « Best in town ». La carte propose une trentaine de cafés différents, des milkshakes, d’autres boissons chaudes et froides, des gateaux et des snacks.
Pourquoi ne suis-je pas à Paris ?
- L’endroit est un peu trop propre et fait trop neuf,
- Les gens parlent en persan,
- Dans les toilettes, la poubelle s’ouvre quand je passe ma main au-dessus,
- Tout le monde a les cheveux noirs,
- Un garçon a un pansement blanc sur le nez, signe d’une opération de chirurgie esthétique récente,
- Les filles portent des foulards,
- Le café est au sous-sol,
- J’observe avec trop d’attention pour ne pas être un étranger.