Le veilleur de nuit
Les clichés ont cette force qu’on les trouve vérifiés : les Iraniens, quelque soit leur milieu social, aiment la poésie et vivent avec elle.
Il est minuit passé, je rentre chez moi en passant à proximité de l’Université de Téhéran. Un veilleur de nuit m’interpelle. Nous nous étions déjà croisés quelques fois au cours de l’année et la conversation s’engage. Il est en train de lire un livre d’histoire de 700 pages. Je n’ai pas compris exactement son propos, mais il traitait de la guerre Iran-Irak et des ventes d’armes des pays européens aux deux Etats belligérants. Il lui a été prêté par un doctorant en science politique. Puisle veilleur de nuit, dans son uniforme bleu foncé à galon bleu pale, me parle des religions préislamiques. Il cite Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, le remercie d’avoir permis aux Européens de découvrir ce prophète. Il me pose des questions sur l’image de l’Iran en Europe et s’inquiète qu’elle soit à ce point négative. Il me demande si j’aime la poésie. J’avoue que mon intérêt n’a pas su combler mon ignorance. Lui récite quelques vers de Saadi (XIIIème siècle), dont une traduction pourrait être :
Il est minuit passé, je rentre chez moi en passant à proximité de l’Université de Téhéran. Un veilleur de nuit m’interpelle. Nous nous étions déjà croisés quelques fois au cours de l’année et la conversation s’engage. Il est en train de lire un livre d’histoire de 700 pages. Je n’ai pas compris exactement son propos, mais il traitait de la guerre Iran-Irak et des ventes d’armes des pays européens aux deux Etats belligérants. Il lui a été prêté par un doctorant en science politique. Puisle veilleur de nuit, dans son uniforme bleu foncé à galon bleu pale, me parle des religions préislamiques. Il cite Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, le remercie d’avoir permis aux Européens de découvrir ce prophète. Il me pose des questions sur l’image de l’Iran en Europe et s’inquiète qu’elle soit à ce point négative. Il me demande si j’aime la poésie. J’avoue que mon intérêt n’a pas su combler mon ignorance. Lui récite quelques vers de Saadi (XIIIème siècle), dont une traduction pourrait être :
Toi qui ne te soucie pas des peines d’autrui,
Tu n’es pas digne du nom d’être humain.
Tu n’es pas digne du nom d’être humain.
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