Retour au front
Il a fait partie de ces dizaines de milliers de soldats qui ont combattu pendant la guerre Iran-Irak sur le front proche du lac Zarivar, à la frontière entre les deux pays. Je l’ai croisé avec sa femme et ses deux filles dans les bains publics de la ville de Marivan.
Sa fille de 9 ans venait de sortir de la douche. Il a branché le sèche-cheveux et a commencé à la brosser. Elle lui a dit : « Papa tu me fais mal, tu sais pas faire, je préfère que ce soit Maman qui le fasse ». La mère était sortie chercher dans la voiture, parmi les affaires de camping, un vêtement pour la soeur cadette qui courait partout en poursuivant un ballon rose.
Il y avait aussi le propriétaire des bains, un kurde d’Irak qui a quitté ce pays il y a plus de trente ans, qui a oublié l’arabe mais qui conserve en persan un fort accent. L’ancien soldat nous raconte : il a fait ses deux ans de service ici, l’hiver il faisait tellement froid que certains soldats gelaient. Vous vous rappelez, dit-il au vieux kurde dans son costume traditionnel, ce que l’on mangeait pendant la guerre. Il n’y avait rien. Ah c’était dur…
Il remercie Dieu d’être rentré vivant et en bonne santé de la guerre. Dans son portefeuille il montre sa carte de soldat qui date de l’époque. On lui dit qu’il était beau jeune homme. Sa fille s’approche, regarde avec curiosité la photo de cet inconnu. L’Etat ne m’a jamais payé ces années de guerre, continue-t-il.
Ce n’est pas la première fois qu’il revient pour des vacances dans la région. La nature est belle, les kurdes sont gentils. Et puis c’est important pour lui, important aussi que sa femme et ses filles voient cet endroit.
La mère a coiffé la petite de cinq ans en palmier. Il a fallu lui courir après car elle n’arrêtait pas de s’agiter. L’autre, en vêtements roses de fabrication chinoise, s’amuse à danser comme dans les clips de MTV. Le propriétaire des bains souhaite faire payer seulement deux entrées sur quatre à la famille. Ils refusent : non, j’ai la chance d’avoir une bonne situation à Téhéran, dit le père, cet argent vous est plus utile. Le vieil homme prend les billets et les porte à son front. La famille se dirige vers la voiture pour aller profiter une soirée encore d’un pique-nique et d’une nuit sous la tente.
Sa fille de 9 ans venait de sortir de la douche. Il a branché le sèche-cheveux et a commencé à la brosser. Elle lui a dit : « Papa tu me fais mal, tu sais pas faire, je préfère que ce soit Maman qui le fasse ». La mère était sortie chercher dans la voiture, parmi les affaires de camping, un vêtement pour la soeur cadette qui courait partout en poursuivant un ballon rose.
Il y avait aussi le propriétaire des bains, un kurde d’Irak qui a quitté ce pays il y a plus de trente ans, qui a oublié l’arabe mais qui conserve en persan un fort accent. L’ancien soldat nous raconte : il a fait ses deux ans de service ici, l’hiver il faisait tellement froid que certains soldats gelaient. Vous vous rappelez, dit-il au vieux kurde dans son costume traditionnel, ce que l’on mangeait pendant la guerre. Il n’y avait rien. Ah c’était dur…
Il remercie Dieu d’être rentré vivant et en bonne santé de la guerre. Dans son portefeuille il montre sa carte de soldat qui date de l’époque. On lui dit qu’il était beau jeune homme. Sa fille s’approche, regarde avec curiosité la photo de cet inconnu. L’Etat ne m’a jamais payé ces années de guerre, continue-t-il.
Ce n’est pas la première fois qu’il revient pour des vacances dans la région. La nature est belle, les kurdes sont gentils. Et puis c’est important pour lui, important aussi que sa femme et ses filles voient cet endroit.
La mère a coiffé la petite de cinq ans en palmier. Il a fallu lui courir après car elle n’arrêtait pas de s’agiter. L’autre, en vêtements roses de fabrication chinoise, s’amuse à danser comme dans les clips de MTV. Le propriétaire des bains souhaite faire payer seulement deux entrées sur quatre à la famille. Ils refusent : non, j’ai la chance d’avoir une bonne situation à Téhéran, dit le père, cet argent vous est plus utile. Le vieil homme prend les billets et les porte à son front. La famille se dirige vers la voiture pour aller profiter une soirée encore d’un pique-nique et d’une nuit sous la tente.
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