Le savoir-vivre automobile

Publié le par Silouane

Deux aperçus des relations sociales quotidiennes à Téhéran.

 

Dans le bus, je suis à assis à côté de la fenêtre. Un homme s’installe à mes côtés. L’ami qui l’accompagne est sur le siège de l’autre côté de l’allée centrale. Pour pouvoir parler à son ami, mon voisin se tourne vers lui et par conséquent me montre son dos. Il se retourne subitement, l’air désolé, et me dit : « Excusez moi, je vous ai présenté mon dos ». Je ne savais même pas qu’il s’agissait d’un impolitesse. Je bredouille que ce n’est pas grave.

 

Ce matin l’avenue Kargar était particulièrement embouteillée dans la direction d’Enqelâb. Dans le sens inverse en revanche, la circulation était fluide. Des voitures qui souhaitaient aller vers le Sud empruntaient donc les deux voies qui remontaient vers le Nord, à contre-sens. Le taxi collectif que j’utilisais en faisait partie. Le chauffeur s’arrête soudain et essaie de se glisser dans la file des voitures immobilisées. A une vingtaine de mètres devant nous, un bus et une voiture se font face, pare-brise contre par-brise. Les chauffeurs sont descendus des véhicules et il semble qu’il y a une altercation. Le chauffeur de bus n’a vraisemblablement pas supporté d’être bloqué par un automobiliste qui roulait en sens interdit. Les choses s’accélèrent et je sens de loin la tension monter. Le chauffeur du bus remonte à bord, démarre et avance, poussant la voiture sur plusieurs mètres. Son propriétaire, essayant de s’asseaoir au volant, manque de tomber au sol. Les passagers du bus descendent, sans doute affolés. La chauffeur de la voiture a réussi à remonter dans son véhicule et il entreprend une marche arrière à très vive allure. Le bus reprend son chemin. Dans mon taxi, les passagers font un commentaire mi-effrayé mi-amusé que je ne comprends pas.

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