Le ralenti
Il y a parfois à Téhéran des scènes tournées au ralenti.
Tout à l’heure il faisait nuit, j’attendais un taxi sur l’avenue Enqelâb, à l’est de la place Ferdosi. La nuit à Téhéran est plus noire qu’à Paris. Par conséquent, les phares des voitures, les enseignes des magasions et les éclairages publics y brillent avec davantage d’éclat. Un homme s’est engagé pour traverser l’avenue, au milieu des voitures comme il est convenu de le faire. Cet homme avait une jambe et deux béquilles, séquelle vraisemblable de la guerre Iran-Irak. Entouré des voitures, de leur gaz d’échappement et de leurs klaxons, son pied se posait avec douceur sur la chaussée, on aurait dit qu’il l’épousait.
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