Tête coupée

Publié le par Silouane


A Kerman, la place Ganj Ali Khan est sise au coeur du bazar. Elle est entourée d'une galerie surmontée d'arcades dans laquelle sont des commerces. L'intérieur de la place, de la taille d'une piscine olympique, est composé de quatre espaces verts rectangulaires et d'un bassin. J'étais sur l'un d'eux en milieu d'après-midi. Au premier plan de mon champ de vision, des brins d'herbe, ensuite un groupe de femmes, puis des arbres et un portail orné de faïence bleue. Les femmes portaient sous leur tchador noir des vêtements chatoyants. Assises sur la pelouse, elles négociaient le prix d'une paire de ciseaux avec un enfant vendeur des rues. Elles me regardaient parfois avec un dédain mêlé d'intérêt. Leur regard avait la dureté et la fierté de ceux que l'on prête aux gitanes.

La négociation des ciseaux a duré plus de vingt minutes. La femme la plus jeune, dans ses vingt ans vêtue de bleu, renvoyait le garçon tandis que la plus vieille, de l'age de sa mère, le rappelait. Deux étudiantes se sont assises sur un banc à quelques mètres, elles ont regardé la scène avec curiosité et répulsion. On leur a répondu un regard de mépris.

Je me lève :
- Excusez moi, puis-je vous poser une question? Vos vêtements sont très beaux, d'où viennent-ils? Pourrais-je vous prendre en photo?
- Hors de question!
Un peu de conversation s'engage tout de même. J'apprends qu'elles sont baloutches et que leurs vêtements s'achètent à Zahedan (environ 200 euros l'ensemble). Elles apprennent que je suis français et que je vis à Téhéran.

Vingt minutes plus tard, je les revois sur la place Ganj Ali Khan. La jeune fille en bleu, la plus autoritaire, s'avance vers moi. "Vous pouvez prendre une photo de mon amie, mais seulement ses vêtements, pas sa tête". Cette dernière, entre 20 et 30 ans, fait quelques pas, soulève son tchador et pose. La photo reçoit l'approbation des trois femmes.
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M
Elles sont belles ses vetemets. Elles t'ont laissé le prendre en photo parce que tu etait etranger. A mon avis, elles n'aurait pas confiance à leur compatriot pour en faire autant. Surtout que les balouches n'ont pas trop confiance aux autres iraniens. Et je les comprends.
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S
<br /> C'est sans doute vrai. J'ai pu me rendre compte qu'être étranger en Iran a très souvent du bon. Si la même chose pouvait être vraie en France!!<br /> <br /> <br />