La croix et Zoroastre
La mode en Iran - la manière dont elle se crée et dont elle se diffuse, est un objet de mystère à mes yeux. A force d’observation, j’ai toutefois relevé quelques détails dont je souhaite faire ici un bref exposé.
Il y a aux cous des jeunes iraniens et iraniennes deux accessoires récurrents : la croix chrétienne et le symbole de la religion zoroastrienne, un homme de profil juché sur une paire d’ailes. Les jeunes ainsi parés peuvent être de styles et de conditions sociales assez variés. Ils ne sont généralement ni chrétiens (les chrétiens constituent en Iran une population d’environ 250 000 personnes) ni zoroastriens (plus de 30 000 individus), mais des musulmans, du moins enregistrés comme tel, qui par ces signes ostentatoires cherchent à se démarquer. J’ai vu parfois des crucifix de plus de 15 cm de haut aux cous d’adolescents.
De l’époque qadjar, certains en Iran ont conservé la belle habitude de porter les sourcils joints. Cela implique un entretien soigné, et tout l’abord de la barre poilue est épilé. Même lorsque les sourcils sont disjoints, ils sont souvent dessinés avec précision. Tant les garçons que les filles se prêtent à ces exercices épilatoires.
Les coiffures des garçons à Téhéran rendraient jalouses celles des vainqueurs de la Star Academy tant les mèches sont savamment orientées. J’ai assisté à la métamorphose d’un de ces garçons dans un salon de coiffure de la rue Kâregar. Il est arrivé les cheveux quelconques, long de cinq à dix centimètres. Après qu’on les lui eut lavés, un coiffeur énergique s’est approché de sa tête et a soulevé des mèches, cherchant l’inspiration. Le client lui a montré dans un catalogue thaïlandais de modèles de coupes l’être auquel il aspirait. Le coiffeur a dans son imitation Ipod choisi une musique, enfoncé ses oreillettes et a commencé à sécher la chevelure d’un mouvement cadencé. Après dix minutes de brushing, ce fut le gel en grande quantité, puis le fer à cheveux, puis la brosse à nouveau, et enfin de la laque à en asphyxier le public. Les mèches du client étaient subtilement déstructurées, certaines collant au front, d’autres s’élevant en plein air. Il y avait un vent de liberté dans cette coiffure.
Les coupes des filles à la mode sont, au quotidien, inspirées du modèle Paris Hilton, soit une crête à l’avant de la tête retenue par une petite pince. Il faut remarquer que cette coiffure se marie très bien avec le port du voile. Chez les filles plus rebelles, la coupe à la garçonne est appréciée ; elle va jusqu’aux cheveux rasés, assez répandus à Téhéran. Les salons de coiffures pour filles sont interdits aux garçons mais je sais de sources amies qu’on y passe de longues heures, et on en ressort, pour les mariages et autres cérémonies, plus paré qu’un bouquet de fleurs iranien.
Il y aurait beaucoup plus à dire sur les parures iraniennes, j’espère vous le faire découvrir dans de prochains billets.
Il y a aux cous des jeunes iraniens et iraniennes deux accessoires récurrents : la croix chrétienne et le symbole de la religion zoroastrienne, un homme de profil juché sur une paire d’ailes. Les jeunes ainsi parés peuvent être de styles et de conditions sociales assez variés. Ils ne sont généralement ni chrétiens (les chrétiens constituent en Iran une population d’environ 250 000 personnes) ni zoroastriens (plus de 30 000 individus), mais des musulmans, du moins enregistrés comme tel, qui par ces signes ostentatoires cherchent à se démarquer. J’ai vu parfois des crucifix de plus de 15 cm de haut aux cous d’adolescents.
De l’époque qadjar, certains en Iran ont conservé la belle habitude de porter les sourcils joints. Cela implique un entretien soigné, et tout l’abord de la barre poilue est épilé. Même lorsque les sourcils sont disjoints, ils sont souvent dessinés avec précision. Tant les garçons que les filles se prêtent à ces exercices épilatoires.
Les coiffures des garçons à Téhéran rendraient jalouses celles des vainqueurs de la Star Academy tant les mèches sont savamment orientées. J’ai assisté à la métamorphose d’un de ces garçons dans un salon de coiffure de la rue Kâregar. Il est arrivé les cheveux quelconques, long de cinq à dix centimètres. Après qu’on les lui eut lavés, un coiffeur énergique s’est approché de sa tête et a soulevé des mèches, cherchant l’inspiration. Le client lui a montré dans un catalogue thaïlandais de modèles de coupes l’être auquel il aspirait. Le coiffeur a dans son imitation Ipod choisi une musique, enfoncé ses oreillettes et a commencé à sécher la chevelure d’un mouvement cadencé. Après dix minutes de brushing, ce fut le gel en grande quantité, puis le fer à cheveux, puis la brosse à nouveau, et enfin de la laque à en asphyxier le public. Les mèches du client étaient subtilement déstructurées, certaines collant au front, d’autres s’élevant en plein air. Il y avait un vent de liberté dans cette coiffure.
Les coupes des filles à la mode sont, au quotidien, inspirées du modèle Paris Hilton, soit une crête à l’avant de la tête retenue par une petite pince. Il faut remarquer que cette coiffure se marie très bien avec le port du voile. Chez les filles plus rebelles, la coupe à la garçonne est appréciée ; elle va jusqu’aux cheveux rasés, assez répandus à Téhéran. Les salons de coiffures pour filles sont interdits aux garçons mais je sais de sources amies qu’on y passe de longues heures, et on en ressort, pour les mariages et autres cérémonies, plus paré qu’un bouquet de fleurs iranien.
Il y aurait beaucoup plus à dire sur les parures iraniennes, j’espère vous le faire découvrir dans de prochains billets.
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