Tchahârchambé souri (Nowrouz # 2)

La fête de Nowrouz commence avec la cérémonie de Tchahârchambé souri, le « mercredi festif », dernier mercredi avant la nouvelle année.
En Iran le mercredi commence le mardi à la tombée de la nuit. Avant l’obscurcissement il faut avoir nettoyé l’intégralité de sa maison. J’ai vu ce qu’était une maison au milieu des khâné tekâni, ce grand nettoyage de printemps. Toutes les objets et vêtements sont sortis des placards, les tapis sont ôtés et lavés, tous les meubles sont rassemblés au milieu des pièces, les murs et les plafonds sont lessivés. De nombreuses familles font appel à un ouvrier ou plusieurs ouvriers pour les aider dans cette entreprise.
Lorsque le soir tombe, la coutume plurimillénaire veut que l’on allume un feu devant la porte de sa maison pour indiquer aux esprits des morts de la famille son chemin. On mange des fruits secs puis on saute au dessus du feu en disant : « Donne moi ta rougeur et prends ma pâleur ». On en ressort purifié, prêt à affronter la nouvelle année. Aujourd’hui, le feu subsiste mais l’on y rajoute des pétards et des feux d’artifice au dessus desquels on saute parfois.
Une autre tradition voulait que les jeunes filles et les jeunes garçons, tous couverts de tchadors, sortent dans les quartiers en frappant un plat d’une cuillère pour demander aux voisins de la nourriture. Cette tradition se perd.
Hier soir dans Téhéran il y avait donc des feux allumés un peu partout dans les rues. Il y avait aussi des bruits de pétards et de feux d’artifice, voire d’explosion. Le Tchahârchambé souri s’est en effet transformé dans certains quartiers en une soirée d’affrontements entre la police et des jeunes désireux d’exprimer par des pétards artisanaux leur mécontentement.
Publicité