Réchauffés

Publié le par Silouane

Dix jours loin de Téhéran, je la retrouve froide et couverte d’une épaisse purée grisâtre qui bouche le regard au-delà de quelques centaines de mètres. Hier la purée délivre par brassées de la neige. Dans notre appartement, nous avons si froid. L’air rentre par portes et fenêtres. J’ai l’impression qu’il se faufile aussi par les prises électriques (nous en avons 34, elles sont généralement groupées par trois et seule une dans chaque lot marche). Nous nous drapons dans nos couvertures à la manière de femmes en tchadors. Je parle de mon retour, de la nouvelle année et du froid à S., une amie iranienne, au téléphone. Elle compatit.

Une demie-heure plus tard, je me réchauffe chez les voisins du dessus. Mon colocataire (A.) déboule. F. l’a appelé pour le prévenir que S. venait de lui téléphoner. S. s’inquiétait du froid que A. et moi ressentions, elle s’est renseignée auprès de sa famille, et son frère dispose d’un radiateur électrique qu’il peut nous faire parvenir en taxi dans une demi-heure. S. ne parvenait pas à me joindre, elle a donc appelé F. (j’ignorais qu’ils se connaissaient) car elle savait que celui-ci connaissait le numéro de mon colocataire, A.

A 23h45 dans un Téhéran pris par la glace, le frère de S. nous apporte par taxi un radiateur pour réchauffer notre nuit.
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