La femme du coin, rouge
Au milieu de la pollution de la fin des années 1970, sur un banc du parc Danechdjou ou au coin de la place Ferdowsi, une femme rouge. La robe qu’elle porte est rouge, les bretelles de sa robe aussi. Ses chaussures sont rouges, son sac à main rouge, sa montre rouge et la barrette dans ses cheveux, rouge sans doute. Elle ne parle pas et son visage a la tristesse de celui des Arméniens.
Elle est là depuis suffisamment longtemps pour qu’on ne se souvienne pas du jour où elle est arrivée. Au fil des jours rythmés par l’alternance des feux de la circulation, on l’a connue à Téhéran. Les enfants, sur le chemin de l’école, posent des questions à son sujet. On dit qu’elle a aimé un homme qui aimait le rouge. Elle avait rendez-vous à l’angle de la place. L’homme était en retard, alors elle a attendu et elle attend encore. Il y a d’autres légendes pour expliquer sa présence, et jamais la femme en rouge ne les contredit. Elle ne parle pas.
On la voit traverser l’avenue au milieu de la cohue des Peykan. A la main un sac à commission, elle disparaît dans la brume des gaz d’échappement. Certains la surnomme Yaghout, « rubis ».
Pour elle comme pour ceux qui la côtoyaient quotidiennement, il y eut une révolution à la fin des années 1970. Les robes à bretelles et le rouge furent interdits. On raconte qu’elle resta à l’angle de la place Ferdowsi, elle avait recouvert sa robe rouge d’un long manteau noir et un foulard noir couvrait ses cheveux fatigués. Elle disparut après quelques années, vraisemblablement emportée par le silence.
Elle est là depuis suffisamment longtemps pour qu’on ne se souvienne pas du jour où elle est arrivée. Au fil des jours rythmés par l’alternance des feux de la circulation, on l’a connue à Téhéran. Les enfants, sur le chemin de l’école, posent des questions à son sujet. On dit qu’elle a aimé un homme qui aimait le rouge. Elle avait rendez-vous à l’angle de la place. L’homme était en retard, alors elle a attendu et elle attend encore. Il y a d’autres légendes pour expliquer sa présence, et jamais la femme en rouge ne les contredit. Elle ne parle pas.
On la voit traverser l’avenue au milieu de la cohue des Peykan. A la main un sac à commission, elle disparaît dans la brume des gaz d’échappement. Certains la surnomme Yaghout, « rubis ».
Pour elle comme pour ceux qui la côtoyaient quotidiennement, il y eut une révolution à la fin des années 1970. Les robes à bretelles et le rouge furent interdits. On raconte qu’elle resta à l’angle de la place Ferdowsi, elle avait recouvert sa robe rouge d’un long manteau noir et un foulard noir couvrait ses cheveux fatigués. Elle disparut après quelques années, vraisemblablement emportée par le silence.
Publicité