Précis de dâf bâzi
Le dâf bâzi se pratique au nord de Téhéran, dans les cafés attenants aux centres commerciaux où l’on achète pour plusieurs centaines d’euros des robes que l’on portera seulement en intérieur.
Le dâf bâzi est un jeu qui implique avec au moins deux types de participants : des filles plutôt jeunes au foulard si léger qu’on craindrait qu’un souffle de vent les déshabille, et des garçons aux cheveux dressés avec tant de sophistication que les coiffeurs responsables de cet art capillaire sont régulièrement fermés par les autorités.
Revenons plus en détail sur le premier type de protagoniste. La dâf, puisque c’est elle que le terme désigne, est une fille au nez rarement vierge d’opération de chirurgie esthétique. On la reconnaît donc à la courbure un peu trop prononcée qu’une main humaine a laissé au milieu de son visage. Elle porte un manto sophistiqué, parfois asymétrique, souvent rehaussé d’une large ceinture déposée sur les hanches. Les bottes sont un accessoire prisé pendant l’hiver, ainsi que le sac à main, porté à la manière de Paris Hilton. Le voile rejeté loin à l’arrière de la tête laisse voir des cheveux souvent teints et coiffés de manière à ce qu’ils montent vers le ciel.
Les garçons, quant eux, peuvent être appelés pessis ou pâf, mais ces termes sont d’un usage peu répandu. Outre leurs cheveux, ils arborent des pendentifs incrustés de faux diamants, par exemple en forme d’un petit lapin rendu célèbre par des filles légères. Parfois les faux diamants sont accrochés à leur oreille, à la manière des rappeurs américains. Ils portent des t-shirts qui laissent voir, pour les plus audacieux, des décolletés plongeant à quelques centimètres du nombril. Un pessi n’est rien sans la voiture qui doit refléter la puissance et l’élégance de son propriétaire. Les 206 sont appréciées à cette fin.
A l’approche du lieu où se déroule le dâf bazi, des bandes de jeunes pessis attendent l’arrivée de leurs dâfs, à moins qu’encore trop jeunes ils ne se contentent de regarder avec envie celles qu’ils espèrent séduire. Au premier étage de l’enceinte, dans un fast-food sans intérêt, dâfs et pessis pavanent avec plus ou moins d’assurance en espérant capter les regards qu’eux même ne daignent pas jeter.
On voit parfois parmi les tables des pessis qui semblent moins intéresser par les dâfs que par leurs semblables. Je recommande également d’être attentif aux détails. J’ai vu un jeudi soir, tranquillement occupées à déguster un burger, deux dâfs beaucoup trop parées pour avoir toujours été femme.
Le dâf bâzi est un jeu qui implique avec au moins deux types de participants : des filles plutôt jeunes au foulard si léger qu’on craindrait qu’un souffle de vent les déshabille, et des garçons aux cheveux dressés avec tant de sophistication que les coiffeurs responsables de cet art capillaire sont régulièrement fermés par les autorités.
Revenons plus en détail sur le premier type de protagoniste. La dâf, puisque c’est elle que le terme désigne, est une fille au nez rarement vierge d’opération de chirurgie esthétique. On la reconnaît donc à la courbure un peu trop prononcée qu’une main humaine a laissé au milieu de son visage. Elle porte un manto sophistiqué, parfois asymétrique, souvent rehaussé d’une large ceinture déposée sur les hanches. Les bottes sont un accessoire prisé pendant l’hiver, ainsi que le sac à main, porté à la manière de Paris Hilton. Le voile rejeté loin à l’arrière de la tête laisse voir des cheveux souvent teints et coiffés de manière à ce qu’ils montent vers le ciel.
Les garçons, quant eux, peuvent être appelés pessis ou pâf, mais ces termes sont d’un usage peu répandu. Outre leurs cheveux, ils arborent des pendentifs incrustés de faux diamants, par exemple en forme d’un petit lapin rendu célèbre par des filles légères. Parfois les faux diamants sont accrochés à leur oreille, à la manière des rappeurs américains. Ils portent des t-shirts qui laissent voir, pour les plus audacieux, des décolletés plongeant à quelques centimètres du nombril. Un pessi n’est rien sans la voiture qui doit refléter la puissance et l’élégance de son propriétaire. Les 206 sont appréciées à cette fin.
A l’approche du lieu où se déroule le dâf bazi, des bandes de jeunes pessis attendent l’arrivée de leurs dâfs, à moins qu’encore trop jeunes ils ne se contentent de regarder avec envie celles qu’ils espèrent séduire. Au premier étage de l’enceinte, dans un fast-food sans intérêt, dâfs et pessis pavanent avec plus ou moins d’assurance en espérant capter les regards qu’eux même ne daignent pas jeter.
On voit parfois parmi les tables des pessis qui semblent moins intéresser par les dâfs que par leurs semblables. Je recommande également d’être attentif aux détails. J’ai vu un jeudi soir, tranquillement occupées à déguster un burger, deux dâfs beaucoup trop parées pour avoir toujours été femme.
Le dâf bazi, littéralement « jeu de la minette», est mal traduit par ces termes. On préférerait dire « chasse à la pouffette », avec un aspect plus ludique et un peu moins vulgaire.
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