Soupes et brochettes populaires

Publié le par Silouane

Il y a deux endroits où je vais parfois prendre des repas populaires.

Ce midi, c’était une sorte de petite cantine qui fait des brochettes et de la soupe de lentille. Je rentre dans l’endroit, assez ouvert sur la rue. Une femme seule, quelques hommes seuls, un couple et deux jeunes filles sont assis aux tables communes. Dans une grande vitrine réfrigérée, je désigne les brochettes que je désire. Je choisis de la viande de mouton marinée dans une préparation avec du persil ou de la coriandre. J’aurais pu manger du foie et d’autres abats, ou bien du poulet mariné dans une préparation jaune. Mais le poulet m’ennuie, j’ai peur qu’il soit gonflé aux hormones. J’ai décidé de le boycotter. L’homme du restaurant s’empare des brochettes et les dispose sur un barbecue à gaz. Je vais m’asseoir. Les tables sont bleues, de la couleur de la nappe disposée sous une plaque de verre un peu sale. On me regarde parfois, particulièrement une petite fille, sans doute de la famille du patron, qui est assise derrière le bureau des encaissements. Elle rentre de l'école, elle porte un uniforme mauve pâle et elle a rejeté son foulard en arrière car il l'ennuie. Quelques minutes plus tard, le serveur, un homme d’environ 45 ans moustachu et buriné, m’apporte mes trois brochettes dans une corbeille en métal au milieu d’une tranche de pain plat lavash. Je commande alors un dough, yaourt salé dilué dans de l'eau. Je détache un à un les morceaux de viande avec du pain. C'est très bon.

Le soir, parfois, je vais dans une cantine de sous-sol qui sert une soupe verte et épaisse. Dès l'escalier qui donne sur le trottoir, la chaleur donne envie de rentrer. Là aussi, il y a des tables communes. Et là encore, le public n'est pas seulement constitué de routiers ou d'hommes seuls et un peu sales, comme on pourrait s'y attendre. Il y a quelques minettes, des couples, des femmes avec enfants et des personnes seules, des deux sexes. Au mur des posters touristiques de l'Iran. Un homme plonge une énorme louche dans une marmite encore plus grosse pour remlir un bol en plastique, il rajoute alors une préparation d'oignons revenus dans de l'huile et de la poudre couleur café. Nous allons nous asseoir une fois nos bols remplis. La salle est divisée en deux parties, dont une est spécifiquement réservée aux familles et aux femmes. Nous nous y asseyons malgré nos sexes de mâles, personne ne respecte la répartition de toute façon. La soupe est très roborative et je ne suis pas vraiment capable de distinguer ce quelle contient. Elle est bonne en tout cas.


J'ai oublié de vous prévenir : c'est l'hiver à Téhéran. Cela signifie que le froid est sec et saisissant. Mais la plupart du temps, le soleil continue de briller, parfois sur les montagnes enneignées qui constituent l'horizon de mes rues préférées.

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M
Et pourquoi pas le foie ?
Répondre
S
Le foie c'est luisant et ça concentre toute la méchanceté de la bête.