Les joies du persan
Le persan m’enthousiasme. Il y a à cela de nombreuses raisons.
Tout d’abord c’est une langue à la grammaire souple. Faire ici la présentation des éléments les plus géniaux de la grammaire persane, tels l’ézafé, la particule râ ou le suffixe –i serait sans doute ennuyeux puisque je la maîtrise mal. Je peux seulement vous citer une phrase de la « Grammaire du persan contemporain » de Gilbert Lazard, découverte ce matin au hasard d’un chapitre sur les verbes: « Dans l’ensemble, l’accord en nombre du verbe et du sujet n’est pas régi par des règles formelles, mais dépend toujours des conditions sémantiques ». Au-delà de ces jolis mots de grammairien, cela signifie que l’on peut dire en persan : « Vous viens ? » dans des circonstances suffisamment imprécises pour qu’on les appelle « conditions sémantiques ».
Plus encore que la grammaire, l’apprentissage du vocabulaire révèle des trouvailles quotidiennes. Voici quelques-unes de mes préférées :
همسر Hamsar
Le voisin : celui avec qui on partage l’ombre.
Avoir des relations extra conjugales : aller sous l’eau.
J’ai l’impression que le persan est une langue plus concrète que le français mais peut-être oublié-je seulement le sens originel des expressions communes dans ma langue. C’est également une langue qui permet une grande créativité dans le vocabulaire, ce en quoi nous sommes contraints en français.
Il reste que parler persan est difficile et que la construction des phrases complexes reste un mystère pour moi, leur syntaxe étant étrangement chaloupée.