Mardi 29 janvier 2008
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Le quotidien à Téhéran est truffé de moments tels que ceux-ci.
Le 16 janvier, je visitais avec des amis étrangers le mausolée Abdolazim à Rey, ville autrefois plus importante que Téhéran et aujourd’hui petit morceau de sa banlieue. Comme il est de coutume, un
bazar jouxtait le lieu saint. Sa partie principale était constituée d’un bâtiment de deux étages avec des arcades et des colonnes joliment décorées. Dans les échoppes, on trouvait des vêtements
fabriqués en Chine, des confiseries, des articles religieux, des souvenirs… A l’étage supérieur, un supermarché de taille moyenne a attiré notre attention. Quelques minutes après que nous avons
commencé à déambuler dans les rayons, un homme est venu à notre rencontre. Après les questions d’usage sur notre origine et la raison de notre venue en Iran, la conversation s’est orientée sur le
thème de la grande distribution. Notre interlocuteur, bientôt rejoint par son collègue, était inquiet de savoir si son supermarché était du niveau de ceux que l’on trouve en Europe. Nous lui avons
longuement décrit nos grandes surfaces, très comparables dans leur aménagement à celle où nous étions. Puis nous avons disserté sur les produits présents ici et absents ailleurs. Quelques minutes
plus tard, le gérant du magasin est revenue avec un stylo pour chacun et un verre d’eau à l’essence de menthe, boisson utilisée comme médecine douce.
Le 14 janvier, je me rends vers 22h30 dans un fast-food en plein centre de Téhéran. L’endroit est désert et très vite la conversation s’engage avec le caissier. Il commence à dénoncer avec
virulence l’absence d’éducation des Iraniens. « Nous avons des ruines, une histoire très longue, me dit il, mais nous ne savons pas parler anglais et utiliser
correctement les nouvelles technologies ». Comme de nombreux jeunes Iraniens, il connaît très bien les grandes pages de l’histoire de son pays. Il remercie les archéologues français d’avoir
pillé l’Iran de ses trésors archéologiques. « Au moins ils sont bien conservés au Louvre, dit-il. Ici nous sommes incapables de préserver notre patrimoine historique ». Puis il déplore la
difficulté d’avoir un visa de tourisme pour la France. Je lui explique que la France sélectionne sur l’argent, qu’elle est obsédée par les migrations de pauvres. Il fait alors la liste de tous ses
avoirs, il possède notamment ce fast-food très bien situé. Néanmoins, alors que son frère est à Paris, on lui a refusé un visa de tourisme. Il ne désespère pas d’y aller un jour cependant. La
conversation arrive vite, comme d’habitude, à la politique. Il ne comprend pas pourquoi nous faisons des manifestions en France puisque nous avons élu notre président démocratiquement quelques mois
auparavant. Il a une réflexion approfondie sur les limites de la démocratie. Ensuite je mange mon hamburger.
Par Silouane
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