Jeudi 17 janvier 2008
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Si Elâvieh est devenu un quartier presque normal, il reste fortement stigmatisé.
Ces habitants sont aux yeux des urbains de J. des campagnards sans éducation et traditionnels. Leur pauvreté est montrée du doigt.
L’économie d’Elâvieh est fondée sur différentes activités dévalorisées. La récolte des plastiques usagés dans les
poubelles de Téhéran et de J., matériau revendu à des usines qui en tirent des chaussures en plastique et autres objets grossiers, est l’une d’elle. Dans la grande rue du quartier, il y a donc des
échoppes qui rassemblent le fruit des collectes individuelles. On recycle à Eslâm Âbâd, mais plus par pauvreté que par conscience écologique. Les femmes du quartier effectuent à domicile des petits
travaux ménagers pour les femmes du reste de la ville (par exemple la coupe des herbes, la cuisine iranienne étant extrêmement gourmande en herbes coupées). Des intermédiaires assurent le contact
entre les coupeuses et leurs clientes. Les jeunes hommes d’Elâvieh s’emploient également dans les travaux
physiques ; en ces jours où plus de 60 centimètres de neige sont tombés J., ils nettoient par exemple les rues de la ville. Je ne connais pas le rôle éventuel de l’économie illégale.
Signe de sa normalisation, le quartier héberge aujourd’hui quelques banques. Les institutions chargées de la lutte contre la pauvreté sont également présentes et donnent à des familles
sélectionnées sur des critères très rigoureux quelques allocations. Mais ce sont plutôt les réseaux de solidarité qui empêchent les habitants les plus pauvres de ce quartier de sombrer dans la
misère. Lorsque madame Sadheiri a perdu son mari, ses voisins ont pris en charge les besoins de ses enfants, et elle a aujourd’hui retrouvé un peu d’autonomie financière en effectuant des travaux à domicile.
(À suivre…)
Par Silouane
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