Mercredi 16 janvier 2008
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J. est la cinquième ville la plus peuplée d’Iran. Elle fait pourtant partie de la banlieue de Téhéran : située à 30 kilomètres de la capitale, elle héberge
une grande partie de ceux qui y travaillent quotidiennement et qui fuient ses loyers démesurés. À J., il y a un quartier à la réputation mauvaise. C’est son histoire que je propose de vous
raconter.
Elâvieh est une butte dans la partie nord de la ville, peuplée par plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Dans les années 1970, des familles de paysans de l’ouest de l’Iran sont venues
construire sur cette butte des habitations précaires, fuyant la pauvreté et suivant leurs hommes qui venaient travailler dans les usines situées entre Téhéran et J., cœur industriel de
l’Iran. Elâvieh était donc un bidonville.
Au fil des ans et de l’argent amassé, les habitations sont devenues plus solides. Les habitants décidèrent d’emprunter l’électricité qui circulait sur les boulevards au bas de leur butte, et la
municipalité a fini par brancher le quartier au réseau électrique de la ville il y a environ 20 ans. Puis les femmes n’eurent plus à aller chercher l’eau dans la rivière en contrebas, on raccorda
les habitations il y a 10 ou 15 ans. Le gaz aussi est arrivé, les habitants se sont organisés pour goudronner leurs routes et évacuer leurs poubelles.
Sur sa butte, le quartier a conservé des airs d’un village de montagne. Dans les minuscules ruelles, plus ou moins organisées selon la région d’origine, on voit des femmes occupées à balayer leur
palier, des enfants qui jouent et passent de maisons en maisons, des odeurs de repas.
(À suivre…)
Par Silouane
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