Samedi 3 novembre 2007
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Vendredi 26 octobre entre 15h et 15h30, il faisait encore 25 degré au Parc Laleh. Ce parc est situé dans le centre de Téhéran, non loin de la place Enqelâb et de
l'Université de Téhéran.
En Iran, vendredi c'est dimanche à Paris. Il y a le soulagement de la semaine qui s'achève et l'angoisse qui monte à mesure que le soleil descend. Samedi, c'est la semaine qui recommence.
Au Parc Laleh, entre 15h et 15h30, il y a donc :
-du soleil qui arrive à moi à travers les branches des arbres et la pollution.
-un homme qui lance sa chassure dans un arbre. Il jouait au badminton, c'est ici dans les parcs une des occupations favorites. Le volant s'est coincé dans l'arbre, alors il a enlevé sa chassure et
il la jette à de nombreuses reprises. Sa famille tout autour rigole, un petit attroupement se crée. Malgré les encouragements, le volant refuse de descendre.
-beaucoup de familles qui pique-niquent bien sûr. En Iran, le pique-nique est un monument de la vie sociale, il faudrait des volumes pour le décrire finement. Grossièrement, cela se passe ainsi.
Une famille (disons le père, la mère et deux petites filles) choisit une parcelle d'herbe fraîche, de préférence à l'ombre. Elle est accompagnée d'un cabas qui contient le matériel à pique-nique.
Tout d'abord, un tapis ou plus souvent un tissu est déployé au sol. On enlève ses chaussures, et tout le monde prend place à terre. On sort alors la nourriture et le thermos rempli de thé. On peut
parler ou se taire. Les petites filles se sont relevées et courent autour de leur parent .
-un groupe de garçons aux cheveux très ras, entre 20 et 25 ans. L'un d'entre eux porte un uniforme bleu, je suppose qu'ils sont tous des soldats. Ils se prennent en photo devant des massifs de
fleurs en s'appuyant les uns sur les autres. Ils choissisent de très beaux massifs de fleurs pour l'arrière plan de leurs photographies.
-une sculpture végétale de cerf. Il s'agissait d'un treillis en forme de cerf ensemencé de plantes variées. Au fur et à mesure de mes visites dans ce parc, j'ai vu le dos, puis les pattes et enfin
la tête du cerf se couvrirent de mousses et d'herbes de toutes sortes. Ce cerf est magnifique. De tout son corps ruisselle en permanence un peu d'eau.
-un concours d'échec. Des chaises et des petites tables ont été installées à proximité du plan d'eau central du parc. Les participants ont la tête baissée sur leur jeu. A l'instant où je passe, les
adversaires sont de même sexe. J'ignore s'il y a derrière ce fait une règle explicite.
-une vieille dame qui s'est endormie sur un banc. Elle regardait l'étang et puis sa tête s'est peu à peu baissée. Ses deux mains sont restées accrochées à sa canne. Les bruits des enfants qui
jouent ne la dérangent pas.
-un homme qui me demande : "Sprechen Sie deutsch?". Je lui réponds en persan que je le parle un peu. Il me dit : "Je fais encore un tour de l'étang et je reviens". Cela me va, même si de toute
façon il ne m'a pas laissé le choix. Cinq minutes plus tard, on parle à moitié en allemand et à moitié en persan. Il est acteur, musicien, comme l'ami qui l'accompagne. En prenant congé une
vingtaine de minutes plus tard, nous échangeons nos numéros de téléphone.
Il y avait bien d'autres choses et pas suffisament de temps pour les dire.
Par Silouane
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