A peine assis, un échanson en livrée bordeau (le code couleur a de l'importance en ce lieu) s’approche de vous muni d’une petite caisse contenant
des boissons de toutes sortes. Vous n’avez qu’à choisir :
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dough (yaourt liquide et salé),
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delester (bière sans alcool éventuellement parfumé au citron ou à la pêche),
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eau minérale,
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nouchabé (coca-cola, sprite ou fanta ou leur équivalent iranien).
Vient ensuite un homme en livrée blanche. C’est lui le maître de salle, lui qui vous dira peut-être dans quelques mois que vous lui manquez
si, comme Granganga, vous venez ici plus de deux fois par semaine. Il prend votre commande avec professionnalisme.
Ensuite c’est au tour d’un autre garçon de salle en livrée bordeau. Il apporte sur un plateau autant d’assiettes de soupe, de salade, de yaourt à l’échalote et d’olives qu’il y a de convives sur la
table. Vous avez le droit de choisir ce qui vous plaît, et vous le laissez repartir avec ce qui ne vous convient pas.
Une quinzaine de minutes plus tard les plats arrivent par la main du maître de salle (vous le reconnaîtrez, c’est le seul en livrée blanche). D’un œil vous voyez quelques garçons de cuisine (livrée
verte) occupés à faire disparaître les reliefs sur une table voisine, et ils réagencent avec minutie salière, poivrier, cendrier et fleurs.
Une fois le repas terminé, le maître de salle vous apportera la note en précisant qu’elle ne vaut pas l’honneur que vous lui avez fait en venant manger dans ce restaurant. Vous décidez de payer
tout de même (environ quatre euros par personne) en vous rendant auprès du vieil homme près de la porte d’entrée. C’est le seul à n’avoir pas de livrée. Quand vous quitterez les lieux, il vous
saluera d’un « Bienvenu », vous invitant à venir goûter les charmes de la répétition.
Par Silouane
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« Est-ce que vous pourriez dire à votre ami qu’il me manque beaucoup? »
C’est ainsi que le maître de salle du restaurant rouge a interrompu une de mes bouchées de ragoût de viande aux herbes. J’avais pris l’habitude de m’installer avec mon ami scandinave dans la
grande salle de ce restaurant de quartier, à la table située exactement entre le poêle à gaz et l’immense lustre de verre à l’allure de paquebot. Granganga, mon ami nordique, avait fui Téhéran
pour se réchauffer dans ses terres, épargnées cette année par un froid dont je subissais ici la rigueur. Le maître de salle a repris : « Je vous aime beaucoup aussi, mais dîtes lui qu’il me
manque. Et quand reviendra-t-il ? »
Par Silouane
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Par Silouane
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Il y a à proximité de Téhéran plusieurs stations de ski de piste. La plus grande est celle de Dizin, elle est située sur la route qui relie
Téhéran à la mer Caspienne en passant par le massif de l’Alborz. Les ingénieurs français l’ont construite avant la révolution.
Sur le parking de la station de ski, il y a beaucoup de Peugeot 206. C’est la voiture à la mode chez la jeunesse argentée du nord de Téhéran. Par les portes des 206 sortent des garçons aux
cheveux dressés et à la combinaison Quick Silver et des filles avec beaucoup de rouge à lèvre. Il fait –12 degrés.
Il est possible de louer du matériel : 14,70 euros pour des skis paraboliques, 11,02 euros pour des vieux skis droits. Le forfait coûte 12,50 euros la journée. C’est cher pour les classes
moyennes iraniennes, mais pas grand chose pour ceux, relativement nombreux, qui ont les moyens d’acheter un Iphone au marché noir bien avant sa sortie européenne.
Le ski en Iran, c’est à-peu-près comme le ski en France : on prend un télécabine bruyant (bulles de quatre personnes), on monte, on met
ses skis et on descend. Néanmoins :
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Les skieurs sont peut-être plus jeunes et branchés ici.
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Les filles ne portent ni voile ni tunique mais le bonnet est obligatoire en tout lieu (des mèches nombreuses en sortent
néanmoins).
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De grands panneaux publicitaires pour Benetton sont disposés au bas des pistes.
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La queue pour accéder à l’un des trois télécabines est non-mixte.
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Le haut des pistes est situé à 3750 mètres d’altitude. Aussi, malgré les 7 pulls (tous ceux que j’ai amenés en en Iran) et les 3 pantalons dont
je me suis couvert, je délaisse les télésièges pour les télécabines.
Au milieu de la journée, les skieurs se dirigent vers le restaurant d’altitude. On y mange pour 3,67 euros (à peine plus cher qu’à Téhéran) un
menu hamburger-frite-coca-cola. Il n’y a pas d’autres choix. Un acteur de cinéma, de ceux dont la tête et les yeux bleus s’affichent en grand format dans les rues de Téhéran pour faire rêver les
jeunes filles, mange incognito à la table voisine. Au fur et à mesure que l’anonymat de la combinaison de ski se dissipe, je découvre quelques tables d’expatriés, vraisemblablement salariés de
l’industrie automobile ou pétrolière. Parmi eux les Français, bien entendu, critiquent.
L’image que je retiendrai de cette journée, c’est une jeune fille au pantalon moulant et aux belles boucles empruntant le télécabine avec, aux pieds, des chaussures de skis et au bras un sac à
main de cuir. Derrière elle, le Damavand surplombe à 5671 mètres d’altitude une foule de sommets enneigés.
Par Silouane
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A proximité de l’Université de Téhéran, un enfant d’une dizaine d’années fait ses devoirs assis par terre dans la rue. A son côté il y a une
balance. Les passants lui donnent parfois de l’argent après s’être pesés.
J’ai pensé que l’Iran était un pays bien extraordinaire pour que les petits mendiants dans ses rues fassent leurs devoirs.
J’ai appris que les adultes qui demandent à cet enfant de mendier lui demandent de faire en même temps ses devoirs. Cela attendrit les
Iraniens, très sensibles à l’importance de l’éducation, et augmente les recettes de la mendicité.
Par Silouane
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