Jeudi 20 mars 2008
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A l'instant l'année 1387 commence.
Je vous la souhaite légèrement décalée.
Par Silouane
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Mercredi 19 mars 2008
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2008
12:50
La fête de Nowrouz commence avec la cérémonie de Tchahârchambé souri, le « mercredi festif », dernier mercredi avant la nouvelle année.
En Iran le mercredi commence le mardi à la tombée de la nuit. Avant l’obscurcissement il faut avoir nettoyé l’intégralité de sa maison. J’ai vu ce qu’était une maison au milieu des khâné tekâni, ce grand nettoyage de printemps. Toutes les objets et vêtements sont sortis des placards, les tapis sont ôtés et lavés, tous les meubles sont rassemblés au milieu des pièces,
les murs et les plafonds sont lessivés. De nombreuses familles font appel à un ouvrier ou plusieurs ouvriers pour les aider dans cette entreprise.
Lorsque le soir tombe, la coutume plurimillénaire veut que l’on allume un feu devant la porte de sa maison pour indiquer aux esprits des morts de la
famille son chemin. On mange des fruits secs puis on saute au dessus du feu en disant : « Donne moi ta rougeur et prends ma pâleur ». On en ressort purifié, prêt à affronter la
nouvelle année. Aujourd’hui, le feu subsiste mais l’on y rajoute des pétards et des feux d’artifice au dessus desquels on saute parfois.
Une autre tradition voulait que les jeunes filles et les jeunes garçons, tous couverts de tchadors, sortent dans les quartiers en frappant un
plat d’une cuillère pour demander aux voisins de la nourriture. Cette tradition se perd.
Hier soir dans Téhéran il y avait donc des feux allumés un peu partout dans les rues. Il y avait aussi des bruits de pétards et de feux d’artifice, voire d’explosion. Le Tchahârchambé souri s’est
en effet transformé dans certains quartiers en une soirée d’affrontements entre la police et des jeunes désireux d’exprimer par des pétards artisanaux leur mécontentement.
Par Silouane
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Lundi 17 mars 2008
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Par Silouane
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Vendredi 14 mars 2008
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Par Silouane
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Jeudi 13 mars 2008
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2008
14:29
Nowrouz, le nouvel an iranien, aura lieu cette année jeudi 20 mars à 9h18 du matin. Cette fête issue de la tradition zoroastrienne est la plus
importante de l’année en Iran. Depuis plusieurs jours, on sent dans l’air la préparation d’un an nouveau.
Dans les villages ou dans les villes, les tapis sont à l’air, accrochés aux balustrades ou aux palissades. Il faut avant la venue de l’année nettoyer de fond en comble son logement. Cela s’appelle
khânetekâni, le « bouleversement de la maison ». C’est comme un déménagement, m’assure-t-on. J’ai vu dans les cours des immeubles des familles entières occupées à
nettoyer, à grande eau avec brosses et savon, la moquette qu’ils avaient ôtée de leur appartement. Selon ses moyens on achète aussi du mobilier neuf.
Il n’y a plus d’étudiants à l’Université. Les vacances de Nowrouz, une dizaine de jours pendant lesquels l’Iran tourne au ralenti, commencent
officiellement le 19 mars mais la tradition autorise les étudiants à s’absenter dix jours ou une semaine avant. Ils ne reviendront en cours qu’une semaine après la fin
officielle des vacances.
Il y a dans les rues de nombreux vendeurs de poissons rouges car ces derniers sont l’un des piliers du passage à la nouvelle
année.
Les prix des coiffeurs ont presque doublé. Il est en effet préférable d’aborder le renouveau avec une mine fraîche. Les magasins de vêtements profitent aussi de cette période pour augmenter leur
prix.
Dans la rue Chokoufeh les petites filles, uniforme rose et voile blanc, sortent de leur dernière journée d’école les mains chargées de travaux manuels. Les mamans les félicitent de leur
dextérité.
Par Silouane
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Mardi 11 mars 2008
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09:57
Du point de vue épidermique, l'expérience iranienne a aussi un intérêt.
Je reçois plusieurs fois par jour de petites décharges électriques quand j'ouvre la portière d'une voiture, appuie sur un interphone ou m'empare de la poignée d'une porte.
Cela ne m'arrivait pas en France.
Je n'ai aucune explication à proposer.
Par Silouane
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Lundi 10 mars 2008
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2008
17:48
Il est une question qui doit tracasser tous ceux qui n'ont jamais eu la chance de découvrir l'Iran : comment s'organise le commerce de la lingerie fine dans
un pays ou la loi impose aux femmes de se couvrir le corps et la tête dans l'espace public?
Quelques éléments de réponse :
Il faut d'abord évacuer une première idée reçue. Si le port du hidjab est obligatoire dans l'espace public, ni la loi iranienne ni l'islam ne contraignent la tenue dans l'espace privé,
notamment celui de la chambre conjuguale. Les dessous les plus variés se vendent donc en Iran, et il n'y a pas de corrélations nécessaires entre le style vestimentaire dans la rue et le type de
sous-vêtements achetés.
Dans les centres commerciaux de Téhéran, les boutiques de lingerie féminine présentent dans leur vitrine des modèles très neutres. L'accès est interdit aux hommes et un paravent empêche leurs
regards d'y pénétrer.
La lingerie pour les hommes est l'objet de beaucoup moins d'égards. Elle est exposée simplement das les vitrines et sur les étals des bazars.
Le commerce des tissus intimes à Shiraz a retenu mon attention. Près du hammam Vakil, des tentes rouges et bleues à l'entrée desquelles une ampoule est suspendue sont le lieu de l'échange. Un
rideau rouge empêche les regards de trop s'aventurer. Les vendeuses attendent à l'extérieur leurs clientes.
Par Silouane
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Jeudi 6 mars 2008
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16:42
Par Silouane
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Mardi 4 mars 2008
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09:36
Personnages :
-la cliente viennoise : elle est assise dans un angle de la salle de restaurant, seule. Elle a sur les cheveux blonds un voile noir, aux mains des mitaines noires, sur le
corps des vêtements noirs et élégants. Son nez tombe à pic vers sa bouche. Elle est iranienne, mais elle vit surtout à Vienne. Elle passe généralement l’hiver à Téhéran.
-le maître de salle : un homme d’une cinquantaine d’années à la calvitie avancée, avec moustache et chevelure très noires. Il a sur sa chemise
bleue un veston noir. Pendant six ans, il était officier sur un navire iranien. Il a vu Marseille, le Canada, les Pays-Bas… Il est ignorant de Vienne.
-le commis sourd-muet : habillé d’une tenue blanche de commis tâchée, âgé d’environ vingt ans, il est chargé d’apporter les thés et les boissons. Il sourit beaucoup ce qui le
rend très sympathique. Les autres serveurs s’adressent à lui par des signes et il leur répond semblablement.
-la famille touriste : elle est composée d’un père, d’une mère et de deux enfants de sexe différent mais du même âge, 23 ans. Une table la sépare de la cliente viennoise. Les
tailles des membres de la famille sont comprises entre 1m80 et 1m94, ce qui la rend impressionnante de l’extérieur. Les femmes portent leurs cheveux courts et frisés, elles les recouvrent d’un
foulard rectangulaire en tissu léger. Les hommes sont vêtus sobrement.
Lieu :
Un restaurant traditionnel près de la place Ferdowsi. Comme tous les restaurants traditionnels, il est au sous-sol et on y accède par un escalier assez étroit. Un fer à cheval est
fixé dans le goudron de la rue juste en face de la porte d’entrée. La salle est voûtée et des piliers régulièrement disposés en font un espace chaleureux. Au mur sont accrochées des peintures
représentant la vie quotidienne autrefois en Iran. Des tissus traditionnels (coton imprimé de motifs bleus, rouges, noirs et jaunes) recouvrent les tables; une nappe de plastique transparent les
protège. Les clients sont assis sur des banquettes. Le restaurant propose aussi quelques takht, estrades de bois de cinquante centimètres de haut sur lesquelles on dispose tant les
convives que la nourriture.
Langues :
La cliente viennoise s’exprime en persan avec le maître de salle, elle utilise tantôt le persan, tantôt l’italien et tantôt
l’allemand avec la famille touriste.
Le maître de salle s’exprime systématiquement en anglais avec la famille touriste. Il utilise abondamment l’expression « Oh my God ! », soit pour ponctuer la conversation
soit lorsqu’il passe à proximité de leur table.
Le commis sourd-muet pose souvent sa main droite sur son cœur. Il précède parfois ce geste d’un regard vers le plafond, ce qui semble exprimer du respect et de la gratitude pour
Dieu.
Les parents touristes s’expriment principalement en français, leur fille en italien, en allemand ou en anglais selon son
interlocuteur et la langue qu’a choisi la cliente viennoise, leur fils en persan ou en français.
Déroulement de la scène :
Les conversations se nouent et se dénouent entre les différents personnages sans continuité nécessaire. L’ambiance est très gaie. La scène est rythmée par l’arrivée des commandes, une
brochette poulet-viande-poisson pour la cliente viennoise, de grosses boulettes de riz mêlé de viande et de légumes, renfermant en leur cœur une
prune, pour la famille touriste. Sur les tables sont disposés du pain, des olives, des herbes variées fraîchement coupées, des salades et des boissons.
Faits marquants :
La cliente viennoise n’ôte pas ses mitaines pour manger. Elle utilise ses propres couverts, sortis de son sac. Au milieu du repas, elle interpelle le maître de
salle pour lui montrer l’achat qu’elle vient de réaliser, une paire de bottines en cuir. Le maître de salle inspecte les bottines et approuve l’achat, la famille touriste fait de
même. La cliente viennoise raconte qu’elle a payé 95 000 tomans au lieu des 115 000 tomans initialement inscrits sur l’étiquette, elle a bénéficié des soldes et d’une réduction
supplémentaire. Elle retournera dans deux semaines à Vienne. La famille touriste s’apprête dans sa majorité à partir pour la France. Elle répond aux questions qu’on lui pose et exprime sa
joie d’avoir découvert l’Iran. Le maître de salle raconte son expérience d’officier naval dans les mers du monde. Il fait l’acteur.
Par Silouane
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Samedi 1 mars 2008
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2008
07:52
A l'instant, le guichetier du bureau de poste m'a demandé si j'avais lu:
-
Simone de Beauvoir
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André Gide
-
Jean-Paul Sartre
-
Emily Brontë
Il s'est alors immobilisé pendant une minute, s'excusant d'avoir mauvaise mémoire, puis il a complété la liste :
Cet employé des postes iraniennes avait des cheveux longs très blancs noués en catogan, une barbe blanche et des lunettes à grosse monture
noire.
Par Silouane
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