Mardi 3 juin 2008 2 03 06 2008 10:14

En approchant de Sari, les montagnes s’ouvrent à de larges vallées. On y pratique la culture du riz entre deux forêts de feuillus fournies.
Par Silouane
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Lundi 2 juin 2008 1 02 06 2008 10:03

La montagne prend des formes alpines à partir de Firuzkuh. De nombreux tunnels et ponts témoignent de l’audace de la réalisation de cette ligne ferroviaire.
Par Silouane
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 06 2008 09:58

En s’enfonçant dans l’Alborz, on peut admirer des montagnes à l’allure de château de sable. La végétation fait son apparition.
Par Silouane
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Samedi 31 mai 2008 6 31 05 2008 09:52

Le train poursuit dans le désert du Dacht-e Kavir. Il longe les contreforts arides de l’Alborz au Nord.
Par Silouane
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 05 2008 09:41

La ligne de train Téhéran-Sari (ville du Mazandaran dans le Nord de l’Iran, près de la mer Caspienne) a été construite dans les années 1930 sous le règne de Reza Chah. Creusée à main nue au travers des montagnes de l’Alborz, elle traverse des paysages variés qui témoignent de la diversité de la géographie iranienne.


Le train quitte d’abord Téhéran en traversant des champs de culture céréalière. Le nuage gris-jaune de pollution qui recouvre la ville apparaît à mesure qu’on s’en éloigne. A l’arrière plan, les montagnes enneigées de l’Alborz.

Par Silouane
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Dimanche 25 mai 2008 7 25 05 2008 12:42

Le torse fort moulé dans un t-shirt bleu pâle, le visage dur, la démarche assurée d’un caïd de quartier, il désigne du menton la machine à faire des glaces et marmonne : « Une choc’lat s’vous plaît ».


Chez les marchands de fraîcheur en été, la variété du public rivalise avec celle des produits.

On peut manger ou boire à tous les coins de rues des villes d’Iran:
-des jus de fruits frais : de l’orange, du pamplemousse, des carottes, du melon d’eau, du melon, des fraises, des griottes…
-des milk-shakes à la banane, du milk-shake à la pistache et du milk-shake avec tous les fruits frais.
-de la glace traditionnelle safranée (avec des morceaux de crème glacée et de pistache dedans), de la glace safranée dans une gaufre, de la glace dans un verre de jus de carotte (le grand classique), de la glace dans un verre de n’importe lequel des jus de fruits frais.
-du faloudé, soit de l’amidon de riz froid sous la forme de chétifs vermisseaux dans de l’eau de rose et du sirop de sucre…

A côté des mauvais garçons, d’autres dégustent leur coupe de glace : de si vieux hommes que, sans leur canne, ils s’effondreraient, des femmes seules fatiguées sur le chemin des courses, des groupes de filles et de garçons étudiants qui rigolent, une petite fille de 5 ans qui prétend être dame avec son tchador miniature, ses parents, des hommes d’affaires au repos, des jeunes filles très maquillées, des ouvriers d’un chantier voisin… Et tout ce monde semble réuni par l’amour de la fraîcheur.

Par Silouane
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 05 2008 16:02
La mode en Iran - la manière dont elle se crée et dont elle se diffuse, est un objet de mystère à mes yeux. A force d’observation, j’ai toutefois relevé quelques détails dont je souhaite faire ici un bref exposé.

Il y a aux cous des jeunes iraniens et iraniennes deux accessoires récurrents : la croix chrétienne et le symbole de la religion zoroastrienne, un homme de profil juché sur une paire d’ailes. Les jeunes ainsi parés peuvent être de styles et de conditions sociales assez variés. Ils ne sont généralement ni chrétiens (les chrétiens constituent en Iran une population d’environ 250 000 personnes) ni zoroastriens (plus de 30 000 individus), mais des musulmans, du moins enregistrés comme tel, qui par ces signes ostentatoires cherchent à se démarquer. J’ai vu parfois des crucifix de plus de 15 cm de haut aux cous d’adolescents.


De l’époque qadjar, certains en Iran ont conservé la belle habitude de porter les sourcils joints. Cela implique un entretien soigné, et tout l’abord de la barre poilue est épilé. Même lorsque les sourcils sont disjoints, ils sont souvent dessinés avec précision. Tant les garçons que les filles se prêtent à ces exercices épilatoires.


Les coiffures des garçons à Téhéran rendraient jalouses celles des vainqueurs de la Star Academy tant les mèches sont savamment orientées. J’ai assisté à la métamorphose d’un de ces garçons dans un salon de coiffure de la rue Kâregar. Il est arrivé les cheveux quelconques, long de cinq à dix centimètres. Après qu’on les lui eut lavés, un coiffeur énergique s’est approché de sa tête et a soulevé des mèches, cherchant l’inspiration. Le client lui a montré dans un catalogue thaïlandais de modèles de coupes l’être auquel il aspirait. Le coiffeur a dans son imitation Ipod choisi une musique, enfoncé ses oreillettes et a commencé à sécher la chevelure d’un mouvement cadencé. Après dix minutes de brushing, ce fut le gel en grande quantité, puis le fer à cheveux, puis la brosse à nouveau, et enfin de la laque à en asphyxier le public. Les mèches du client étaient subtilement déstructurées, certaines collant au front, d’autres s’élevant en plein air. Il y avait un vent de liberté dans cette coiffure.


Les coupes des filles à la mode sont, au quotidien, inspirées du modèle Paris Hilton, soit une crête à l’avant de la tête retenue par une petite pince. Il faut remarquer que cette coiffure se marie très bien avec le port du voile. Chez les filles plus rebelles, la coupe à la garçonne est appréciée ; elle va jusqu’aux cheveux rasés, assez répandus à Téhéran. Les salons de coiffures pour filles sont interdits aux garçons mais je sais de sources amies qu’on y passe de longues heures, et on en ressort, pour les mariages et autres cérémonies, plus paré qu’un bouquet de fleurs iranien.


Il y aurait beaucoup plus à dire sur les parures iraniennes, j’espère vous le faire découvrir dans de prochains billets.
Par Silouane
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Mardi 20 mai 2008 2 20 05 2008 08:27
Le 14 mai 2008, Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud a été à nouveau diffusé publiquement à Téhéran (pour voir le compte-rendu de la précédente projection, cliquez ici). La projection avait lieu à la Faculté de littérature de l’Université de Téhéran, elle était précédée de celle du cours métrage Fitna, brûlot islamophobe réalisé par le député hollandais d’extrême droite Geert Wilders. Le tout s’intitulait : « Projection critique de films anti-islamiques ».


La projection avait lieu dans le grand amphithéâtre Ferdowsi où les filles étaient invitées à s’asseoir à gauche et les garçons à droite. Le public avait, du point de vue de son style vestimentaire, l’allure religieuse. Comme souvent dans les cérémonies officielles, tout a commencé en retard par une lecture du Coran et la diffusion de l’hymne national.


Fitna
présentait pendant une quinzaine de minutes une alternance d’extraits du Coran et d’images d’attentats terroristes, accompagnée d’appel à lutter contre la présence des musulmans en Europe. La vulgarité et la bêtise de ce film, condamnées partout en Europe, a jeté un malaise dans l’assemblée. Les deux critiques officiels ont souligné le peu de cas qu’il y avait à faire de ce film de propagande sans suffisamment expliquer, à mon avis, la faible représentativité en Europe des thèses qu’il défend.


La projection de Persepolis a suivi. Etrangement, la censure était radicalement différente à celle opérée lors de la précédente diffusion publique. Presque toutes les scènes coupées il y trois mois étaient présentes, alors que d’autres avaient été ôtées. Le film n’était ni sous-titré ni doublé et un homme assurait au micro une traduction simultanée approximative des propos des personnages. Cette traduction en directe était une censure complexe : certains propos vulgaires et critiques n’étaient délibérément pas traduits, alors que d’autres critiques étaient soigneusement expliquées.


La salle a éclaté de rire et a applaudi lors de la scène où les étudiants d’art plastique dessinent d’après nature une femme en tchador. Ils ont également ri quand la mère de Marjane s’évanouit à l’aéroport après le départ de la fille, sans que je ne comprenne pourquoi.

Au cours de la projection, des glaces ont été distribuées gratuitement à l’ensemble du public (200-300 personnes).


La discussion a été moins riche que lors de la précédente projection. Tous se sont accordés sur le talent artistique de Marjane Satrapi et ont remarqué le caractère incomparable des deux films présentés. Le débat a à nouveau porté sur le caractère anti-iranien ou anti-islamique de ce film, sans qu’un accord puisse être trouvé. Le public a posé de nombreuses questions et fait des commentaires. Les filles intervenaient davantage que les garçons, indépendamment de leur style vestimentaire (tchador ou non). Certaines questions étaient applaudies par la salle, qui manifestait pour d’autres son désintérêt ou sa désapprobation.
Par Silouane
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 05 2008 08:27
Dans l’ensemble des villes d’Iran, des bourgades jusqu’à Téhéran, de la côte du golfe Persique à celle de la mer Caspienne, on trouve des sculptures pour décorer les parcs et les ronds-points. Elles sont très souvent animalières et réalisées à partir d’une sorte de plâtre déposée sur une structure métallique. Voici quelques images glanées au cours de promenades en Iran :

Behshahr, mai 2008

Lahidjan, mars 2008

Lahidjan, mars 2008

Bandar-Gonk, mars 2008

Amol, octobre 2007

Amol, octobre 2007

Téhéran, février 2008
Par Silouane
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 05 2008 16:49

Depuis trois semaines quatre ou cinq hommes afghans ont entrepris de détruire à la main un immeuble de trois étages situé sous ma fenêtre.

Les ouvriers du bâtiment en Iran sont majoritairement des kurdes ou des immigrés afghans ayant fui l’une des guerres qui a détruit leur pays. Ils travaillent dans des conditions de sécurité et de confort très mauvaises.

Les Afghans qui ont détruit l’immeuble sous mes yeux n’ont jamais été mieux armés que d’une pioche et d’une pelle. Ils sont vêtus d’une chemise et d’un pantalon ordinaires et portent des chaussures abîmées. Leur journée de travail commence vers 8h et se termine vers 20h, ils travaillent tous les jours  sous le soleil et dorment dans une cabane dans la cour du chantier.

Ils ont d’abord détacher les tôles du toit pour les tordre et les jeter dans le terrain vague voisin. Puis ils ont désossé la charpente sur laquelle ils étaient juchés. Les grands coups qu’ils donnaient dans les poutres menaçaient de faire les faire dégringoler eux-même. Ils ont détruit de la même manière l’étage supérieur, en jetant les gravats à l’étage inférieur par les trous que la destruction provoquait. Une fois les deux étages supérieurs disparus, un homme s’est disposé au sommet d’un mur extérieur encore dressé, debout au milieu du vide. Il a commencé à donner des coups de pioche à quelques centimètres de ses pieds, et il a ôté les briques qu’il avait disjointes. Cette entreprise laborieuse a continué et à mesure que la fatigue de la journée le gagnait il se rapprochait du sol.



Parfois, ils boivent de l’eau à même une théière noircie par le feu et passent quelques instants au creux d’une brouette orange.

Je crois voir quelques années plus tard ces ouvriers afghans mendier le long de l’avenue Enqelâb en dévoilant sous un pantalon bouffant une jambe de bois.

Par Silouane
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