Mardi 27 novembre 2007
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J’ai rencontré une femme éduquée, drôle et d’une grande liberté de ton. Elle a eu le parcours vestimentaire suivant. Avant la révolution, elle portait un tchador.
Aujourd’hui, elle porte un simple voile, elle n’aime pas le sens qu’a pris le tchador.
Après plus de deux mois de présence à Téhéran, je suis encore empli de bien de préjugés puisque ce parcours m’a étonné.
Par Silouane
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Lundi 26 novembre 2007
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2007
18:27
Un apercu de l'ambiance dans un café d'Amol, une ville moyenne du nord de l'Iran, proche de la mer Caspienne. Garcons et filles viennent y boire du thé et
fumer le qalyan, nom persan de la pipe à eau .
Par Silouane
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Lundi 26 novembre 2007
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2007
10:10
Farchid a 20 ans. Il vit à Téhéran, il est étudiant en ingénierie mécanique. Il n’a pas vraiment choisi cette discipline, c’est le hasard du classement au concours
d’entrée dans les universités qui en a décidé ainsi. Il a la chance d’avoir une famille qui vit en province, une famille assez riche pour lui payer un appartement seul à Téhéran dans lequel il a un
ordinateur et une connexion à Internet. Vu le prix des loyers dans la capitale, c’est un luxe inouï.
Il aime beaucoup le sport, il a fait de la natation régulièrement et il pratique toujours la randonnée et le ski. Dans son groupe de montagne, il y a ses parents et des gens de tous les âges. Ils
vont ensemble faire des sorties à la journée ou des randonnées de plusieurs jours dans les sommets. Il fait également de la musculation. Il a installé dans son appartement une barre et il y
effectue des tractions. Comme il pratique régulièrement, ses bras et ses pectoraux sont développés.
Il a en coin un sourire un peu naïf. Comme ses copains à l’Université, il aimerait avoir une petite amie. Il a peut être déjà eu une histoire, achevée en rupture malheureuse qui l’a laissé
meurtri. Il voit parfois ses amis pour regarder des DVD ou pour parler de la vie. Il a une culture cinématographique étonnante pour qui ne connaît pas l’engouement des jeunes Téhéranais pour
le cinéma classique européen et américain.
Il croit en Dieu, même s’il dit ne pas trop savoir ce que cela implique. Il en parle avec ses amis quand un étranger vient à leur table. Il sait bien en tout cas toute la distance entre Dieu et
l’usage qu’on en fait.
Il aime bien l’Amérique. Il trouve notamment beau le corps des Américains. Il n’aimerait pas vivre en Europe. L’Europe l’intéresse mais seulement pour des vacances. Il sait qu’il ne peut pas
quitter son pays avant d’avoir fait son service militaire, la loi l’interdit. Cela doit durer pendant deux ans. Il se dit que ça peut être une expérience malgré tout.
Par Silouane
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Samedi 24 novembre 2007
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2007
13:47
A l’angle de l’avenue Enqelâb et de la rue Vesâl-e Shrirâzi se trouve la blanchisserie Jeanne d’Arc où, d’après la réclame, on fait le meilleur nettoyage à sec
d’Iran.
L’enseigne bleue et rouge date de l’époque pré révolutionnaire, comme le reste du magasin. Le patron est un vieil homme, cheveux blancs et peau mate, qui nous accueille avec l’air de savoir qu’il
aurait pu être un personnage de film. Deux machines vert-gris de plus de 2,50 mètres de haut tournent derrière lui, un hublot minuscule permet de voir le linge qui s’agite à l’intérieur.
Nous entamons la conversation en persan. Le patron nous répond dans sa langue, s’arrête quelques instants et nous dit « nettoyage à sec » en français au moment opportun. Il continue à
ponctuer ainsi le dialogue du vocabulaire du métier.
Derrière lui, de grandes étagères aux bordures dorées recueillent les chemises que des clients viendront récupérer contre 1500 tomans (1,15 euros) la pièce. A leur bas des casiers contiennent le
linge sale. Sur une mezzanine, les vêtements et des appareils que je ne connais pas attendent.
Je demande au patron s’il a vécu en France. D’un air entendu il remue la tête, énigmatique.
Par Silouane
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Samedi 24 novembre 2007
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Par Silouane
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Vendredi 23 novembre 2007
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2007
19:14
Chez un vendeur de DVD piratés j’ai trouvé cet après-midi, presque en tête de gondole :
- Sabrina de Billy Wilder
- La mauvaise éducation de Pedro Almodovar
- La Strada de Fellini
- Salo de Pasolini
- Parle avec elle de Pedro Almodovar
- Deux films de Bresson dont j’ai oublié le nom
- Les mémoires d’une geisha
- To Be Or Not To Be de Lubitsch
- Die Hard 4
- After sex, une comédie américaine visiblement stupide
- Beaucoup d’autres DVD dans de petites pochettes en plastique sur lesquelles il fallait déchiffrer, écrit au marqueur en persan, le nom d’un réalisateur et de son film.
Par Silouane
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Vendredi 23 novembre 2007
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2007
11:02
Le rationnement de l’essence continue en Iran bien qu’il ait quitté les pages des journaux français.
On voit devant toutes les « pomp-e benzin » des queues de véhicules qui peuvent atteindre plus de un kilomètre, le jour comme la nuit. L’Iran est pourtant l’une des plus grandes réserves
mondiales de pétrole mais, d’après ce que j’ai compris, elle n’a pas suffisamment d’infrastructures pour transformer le pétrole brut en essence.
L’organisation du rationnement de l’essence aurait été remarquée comme un exemple de modernisation réussie de l’administration car les cartes de rationnement ont été distribuées au moyen
d’internet. D’après des souvenirs incertains, la quantité maximale d’essence que peut consommer un individu pour un mois est de l’ordre de 100 litres (à vérifier).
Le marché noir existe. On voit des gens remplir leur réservoir à l’aide de bidons dans les parkings. J’ai aussi pris un jour un taxi qui a devancé la station essence, a fait marche arrière et s’est
servi sous le nez de tous.
On a cité l’exemple de stations essence incendiées par des citoyens en colère quand le rationnement a commencé. Cela n’est plus à l’ordre du jour et il est étonnant de voir tous ces automobilistes
attendre patiemment dans des queues de plusieurs heures. Des marchands à la sauvette leur proposent des produits variés (tissus, articles de toilette…) pour calmer l’attente.
Par Silouane
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Mercredi 21 novembre 2007
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20:08
Par Silouane
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Mercredi 21 novembre 2007
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2007
16:09
Il pleut à Téhéran et j’en ressens l’excitation dans l’air.
Deux mois que je suis ici et pour la première fois une vraie pluie, une pluie qui couvre tout le sol et tombe en longs fils.
Au travail, tous mes collègues étaient joyeux, peut-être parce qu’à l’intérieur du bâtiment on sentait déjà l’odeur de l’eau qui
tombe.
L’avenue Enqelâb était embouteillée. A chaque carrefour, une vingtaine de personnes attendaient en vain sous la pluie un taxi collectif. J’ai
préféré rentrer à pied pour voir avec plus de détails Téhéran sous la pluie. Voici le compte-rendu de mes observations :
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Les chaussées ne sont pas ici conçues pour la pluie. Il y a trop d’imperfections dans le revêtement, alors parfois la pluie stagne, on met le pied
dedans.
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Au bas de l’avenue Vali-Asr, à l’angle avec Enqelâb, il y avait des litres d’eau noire qui coulaient, toute la saleté accumulée de la plus longue avenue de
Téhéran. J’ai été obligé de mettre encore le pied dedans.
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J’ai vu quelques hommes qui se couvraient la tête d’un sac en plastique. Ils étaient généralement dans un stade avancé de calvitie.
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Cette pluie lavait Téhéran de toute sa pollution. D’ailleurs, au bas des gouttières qui déversaient l’eau des toits sur le trottoir, il y avait souvent de la
mousse blanche comme celle du produit vaisselle. J’ai pris ça pour une preuve qu’il s’agissait en fait d’une entreprise de grand nettoyage.
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Certaines femmes au tchador un peu long le remontaient par crainte que, par capillarité, jusqu’à leurs cheveux l’eau ne se faufile.
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Trois petits garçons qui rentraient seuls de l’école, complètement trempés, riaient de voir ainsi Dieu pleurer.
Par Silouane
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Mardi 20 novembre 2007
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2007
17:36
Voici enfin quelques photos du quotidien. Le métro d'abord, qui n'est pas perturbé par une grève.
Un taxi collectif avec au loin les montagnes du nord de la ville.
Par Silouane
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