Mercredi 12 décembre 2007 3 12 12 2007 07:16

-           Les boucheries de Téhéran conservent toutes la viande dans de grandes armoires réfrigérées placées en devanture. On y voit pendre tout entier des moutons ou s’entasser des poulets.

-         Aux abord des chantiers, il y a souvent des tentes ou des cabanons faits de matériaux précaires. Je crains, mais je n’en suis pas sûr, que les ouvriers soient contraints d’y dormir.

-         Toutes les rues sont bordées de part et d’autres de petits canaux, appelés djou ou djoub. On y jette parfois des détritus. Les enfants y regardent courir des petits bateaux. Il arrive qu’un individu ou une voiture s’y coince un membre.

-         Les parcs ne sont jamais fermés pendant la nuit.

-         Souvent les tchadors des femmes s’ouvrent (ils sont d’ordinaire formés d’une pièce de tissu sans fermeture). On dit pour cela en persan : « faire des appels de phares ».

-         Les grandes avenues de Téhéran ont des couloirs de bus.

-         Il y a beaucoup de bâtiments vides dans le centre de Téhéran, portes murées et fenêtres brisées dans les étages.

-         Les quartiers résidentiels sont souvent formés d’impasses plantées d’arbres. Ils constituent des îlots de calme dans la ville.

-         Les fenêtres des habitations sont toujours couvertes de rideaux ou autre objet visant à empêcher la vue.

-         On laisse généralement le plastique de protection (transparent) sur les chaises de bureau et les fauteuils de voitures neufs. Le plastique se déchire peu à peu, et c’est comme ci l’objet sortait de sa chrysalide.

-         Les murs d’enceinte autour des maisons et des immeubles sont surplombés de grilles, elles-même dressées de piques agressifs. Lorsqu’il n’y en a qu’une seule rangée, ils sont orientés vers l’extérieur. Il peut y avoir jusque trois rangées, et la seconde est alors verticale tandis que la dernière pointe vers l’intérieur. Plutôt qu’une obsession du vol, cela traduit j’imagine le peu de confiance que l’on peut avoir dans les autorités compétentes pour garantir le respect de la propriété.

Par Silouane
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Lundi 10 décembre 2007 1 10 12 2007 15:43

C’est un café branché qui se veut imitation de Starbucks. Les tables, les chaises, le parquet, le comptoir et le bas des murs sont en bois mais ce n’est pas un bois brut, c’est un contreplaqué un peu sombre, comme les imitations de mobilier en teck dans les catalogues Ikea. Le café est en sous-sol. On y accède par un escalier qui donne sur l’avenue Vali-Asr, à proximité de Tadjrich. Il y a une musique chaleureuse, parfois en italien et parfois en anglais. Elle contribue, avec la température du lieu, à me réchauffer. Il y a dans ce café quinze clients, moi compris, répartis ainsi : cinq tables de deux (avec toutes les compositions sexuées), une table de trois filles et un garçon, et moi, seul. Tout le monde a entre 20 et 35 ans et porte des vêtements sombres, sauf une fille avec un sweat-shirt rose. Les serveurs ont un tablier bleu nuit au dessus d’un polo orange vif où l’on peut lire « Best in town ». La carte propose une trentaine de cafés différents, des milkshakes, d’autres boissons chaudes et froides, des gateaux et des snacks. 

Pourquoi ne suis-je pas à Paris ?

-         L’endroit est un peu trop propre et fait trop neuf,
-        
Les gens parlent en persan,
-        
Dans les toilettes, la poubelle s’ouvre quand je passe ma main au-dessus,
-   Tout le monde a les cheveux noirs,
-        
Un garçon a un pansement blanc sur le nez, signe d’une opération de chirurgie esthétique récente,
-        
Les filles portent des foulards,
-        
Le café est au sous-sol,
-        
J’observe avec trop d’attention pour ne pas être un étranger.

Par Silouane
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 12 2007 09:57

Les autobus sont séparés en deux parties, une pour les hommes (l’avant) et l’autre pour les femmes (l’arrière). On dit que cette mesure répond à une demande des femmes qui supportaient mal la promiscuité avec les hommes dans des autobus bondés. La frontière n’est néanmoins pas étanche, surtout quand la composition sexuée du bus n’est pas à l’équilibre.

Les hommes et les femmes ont l’autorisation de prendre les motos-taxis. Les femmes le font dans des proportions très limitées.

Le métro de Téhéran est très moderne et il n’a que deux lignes. Les wagons de tête et de queue sont réservés aux femmes. Les autres wagons sont accessibles aux personnes de tous les sexes.

Dans les taxis collectifs, quand par le hasard des montées et des descentes il advient que la banquette arrière pourrait héberger un homme, une femme puis un homme, il est d’usage que la femme descende afin que la composition soit un homme, un homme et une femme.

Par Silouane
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Samedi 8 décembre 2007 6 08 12 2007 12:49
Un vendredi de la fin de l’automne, il pleuvait à verse à Téhéran, mais cela n’empêchait pas des amoureux de se disputer sur un banc du parc Laleh, serrés sous un parapluie dans l’obscurité. Il était 17h36, les plus petites allées étaient recouvertes de boue. Près de l’étang central, l’écran géant diffusait un match de football. Quelques hommes ne craignaient ni le froid ni l’eau et regardaient le sport, abrités sous un auvent. Deux garçons, plus courageux encore, jouaient au badminton.

J’ai acheté dans un kiosque un cornet de maïs et de champignons chauds avec une sauce un peu piquante.

J’ai erré dans les allées d’un grand magasin, ouvert en ce jour de congé. Au rez-de-chaussée, j’ai essayé d’expliquer à un homme que l’article de bricolage que je tenais à la main venait d’un autre magasin ; je lui demandais si je pouvais rentrer. J’ai compris que je faisais erreur quand sa fille m’a interrompu pour savoir si des chips au vinaigre lui convenaient.

Le premier étage était dédié à l’électroménager. Il y avait beaucoup plus de vendeuses que de clients ; elles étaient assises derrière leur stand, coude appuyé sur la table et corps désaxé, visiblement ennuyées de faire à quelques rares promeneurs la démonstration d’un aspirateur bruyant ou d’un autocuiseur Moulinex. Au fond, de grands tapis industriels aux motifs floraux étaient accrochés à des présentoirs.

Dans les rues noires et semi-désertées, les phares des voitures, quand ils fonctionnaient, m’éblouissaient. Les trois employés du fast-food orange où j’achète parfois des pizzas regardaient le sol, assis chacun à une table en salle ; ils portaient sur leur nuque tout l’ennui d’une fin d’après-midi un vendredi.
Par Silouane
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 12 2007 13:55
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Par Silouane
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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 12 2007 14:06
Le dâf bâzi se pratique au nord de Téhéran, dans les cafés attenants aux centres commerciaux où l’on achète pour plusieurs centaines d’euros des robes que l’on portera seulement en intérieur. 

Le dâf bâzi est un jeu qui implique avec au moins deux types de participants : des filles plutôt jeunes au foulard si léger qu’on craindrait qu’un souffle de vent les déshabille, et des garçons aux cheveux dressés avec tant de sophistication que les coiffeurs responsables de cet art capillaire sont régulièrement fermés par les autorités.

Revenons plus en détail sur le premier type de protagoniste. La dâf, puisque c’est elle que le terme désigne, est une fille au nez rarement vierge d’opération de chirurgie esthétique. On la reconnaît donc à la courbure un peu trop prononcée qu’une main humaine a laissé au milieu de son visage. Elle porte un manto sophistiqué, parfois asymétrique, souvent rehaussé d’une large ceinture déposée sur les hanches. Les bottes sont un accessoire prisé pendant l’hiver, ainsi que le sac à main, porté à la manière de Paris Hilton. Le voile rejeté loin à l’arrière de la tête laisse voir des cheveux souvent teints et coiffés de manière à ce qu’ils montent vers le ciel.

Les garçons, quant eux, peuvent être appelés pessis ou pâf, mais ces termes sont d’un usage peu répandu.  Outre leurs cheveux, ils arborent des pendentifs incrustés de faux diamants, par exemple en forme d’un petit lapin rendu célèbre par des filles légères. Parfois les faux diamants sont accrochés à leur oreille, à la manière des rappeurs américains. Ils portent des t-shirts qui laissent voir, pour les plus audacieux, des décolletés plongeant à quelques centimètres du nombril. Un pessi n’est rien sans la voiture qui doit refléter la puissance et l’élégance de son propriétaire. Les 206 sont appréciées à cette fin.

A l’approche du lieu où se déroule le dâf bazi, des bandes de jeunes pessis attendent l’arrivée de leurs dâfs, à moins qu’encore trop jeunes ils ne se contentent de regarder avec envie celles qu’ils espèrent séduire.
Au premier étage de l’enceinte, dans un fast-food sans intérêt,  dâfs et pessis pavanent avec plus ou moins d’assurance en espérant capter les regards qu’eux même ne daignent pas jeter.

On voit parfois parmi les tables des pessis qui semblent moins intéresser par les dâfs que par leurs semblables. Je recommande également d’être attentif aux détails. J’ai vu un jeudi soir, tranquillement occupées à déguster un burger, deux dâfs beaucoup trop parées pour avoir toujours été femme.

 

Le dâf bazi, littéralement « jeu de la minette», est mal traduit par ces termes. On préférerait dire « chasse à la pouffette », avec un aspect plus ludique et un peu moins vulgaire.

Par Silouane
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 12 2007 12:02

J’aime me laisser gagner par la mélancolie qui habite les taxis collectifs. On s’y assoit à côté d’individus que l’on ne connaît pas et l’on se serre contre eux sans pouvoir regarder leur visage. On est heureux de profiter ainsi de leur chaleur. Il y a la voix qui, de l’autoradio, chante certainement un amour perdu. Il y a l’odeur de l’essence. Et je vois au dehors l’obscurité de Téhéran, les boucles des échangeurs, les phares des voitures, les marchands ambulants qui agitent des bouquets de fleurs au milieu des embouteillages. Pendant 30 ou 40 minutes je n'ai rien d'autre à faire que rêver, et je voudrais que cela dure encore.

Par Silouane
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 12 2007 13:02

Vendredi à 6h du matin, il y a au bord de l’autoroute Chamran un regroupement hétéroclite d’hommes et de femmes de tous âges au sourire inhabituel pour une heure matinale. Il s’agit d’un groupe informel de Téhéranais qui vouent leur jour de congé à la découverte des montagnes des environs de la ville.

L’objectif est le suivant : s’enfuir pour quelques heures de la pollution et de la surpopulation de Téhéran, aller dans un endroit sauvage et désert où le poids des règles de vie se fait moins sentir, marcher quelques heures et manger autour d’un feu dans des paysages splendides.

J’étais dans une des voitures à 6 heures du matin, introduit par une fille d’une vingtaine d’années qui appelait les autres occupants de la voiture, des hommes de 35 ou 40 ans, Oncle M. et Oncle P. C’est l’usage dans ce groupe (et peut-être est-ce un usage plus répandu, je l’ignore encore), on appelle ses ami(e)s aîné(e)s « Oncle » (du terme qui désigne le frère du père) ou « Tante » (du terme qui désigne la sœur de la mère) suivis du prénom. Ce n’est pas la première fois que j’assiste à un tel brassage des générations dans un groupe d’amis. C’est quelque chose que je trouve très sympathique.

Le choix de la destination est fait sur le bord de l’autoroute, visiblement au consensus, et les voitures démarrent. On s’arrête acheter du pain barbari, du fromage, des dattes et des snickers sur la route. Après une petite heure, un lever de soleil magnifique dans une ville immobilisée par le froid et le sommeil, une route qui laisse voir des sommets roses de la lumière matinale et d’autres, plus élevés, blancs à vous rendre aveugle, on gare la voiture. Les premiers convois sont déjà arrivés et ils ont entamé l’ascension. Nous serons en tout une trentaine de participants.

montagneloin.JPG
Il fait un froid glacial pour les premières foulées. Le sol est gelé jusqu’aux os des morts du cimetière voisin, la moindre flaque est glace et nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres des premières neiges. Malgré mes six épaisseurs de vêtements de ville (je n’avais pas anticipé correctement les détails montagnards de l'année), j’ai froid. Ce n’est pas le cas de certains de mes compagnons. Un homme de 59 ans qui a gravi le Mont Ararat, la Hongie et le Vietnam, qui me récite des poèmes dont je devine les sens et qui entonne des chansons que ses voisins reprennent, vient d’abandonner sa veste et me tend fièrement ses mains, chaudes, qui prolongent des bras recouverts d’une simple chemise. Certains participants portent de beaux blousons de montagnes avec des chaussures dernier cri, d’autres ont de vieilles chaussures de cuir usées avec des lacets rouges et des chaussettes épaisses au-dessus, d’autres enfin, comme moi, ont de simples baskets, des jeans et des pulls anodins.

Nous quittons rapidement le village, et le sommet se dresse, désirable. Nous avançons d’un rythme régulier, assez lent. Souvent quelqu’un entonne une chanson, un autre récite un poème. Après une heure ou deux heures de marche et une pause autour d’un feu qu’avaient préparé les premiers arrivés, le groupe se sépare à l’endroit où la neige devient abondante. Les plus motivés continuent vers le sommet, les autres vont trouver plus loin un endroit où établir le pique-nique. Je fais partie des amateurs de hauteur. Mais après trente minutes, nous sommes obligés de redescendre, la pente est verglacée et le vent souffle fort. Nous courrons dans la neige pour descendre, certains messieurs respectables entreprennent de faire cela en luge, sur l’arrière de leur blouson.



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Nous retrouvons plus bas le pique-nique. Le thé est déjà chaud, des morceaux de plastique étendus sur lesquels des nappes sont dressées, et tout le monde, à moitié chantant, à moitié dansant, se préparent de petits sandwichs de pain, fromage et fruits secs. 

On pliera les affaires et on entamera le chemin du retour, abordant bien sûr tous les sujets qu’on s’imaginerait ne pas pouvoir aborder. J’aurai honte encore de ma méconnaissance de la littérature française face à quelqu’un qui, sans parler le français, reconnaît La Fontaine au rythme de ses mots. Et pour clore l’aventure, je découvrirai que le cimetière aux morts dégelant abrite aussi des jeux pour les enfants.


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15h, je me réveille d’une sieste dans mon lit à Téhéran. La matinée avait des allures de rêves.

Par Silouane
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 12 2007 12:57
Pour se dire qu’ils pensent les uns aux autres, assez souvent les jeunes s’envoient ici des sms qui disent tous plus ou moins ceci :

L’amitié est comme un jour dont tu es le soleil.

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas son nom, on choisit pas son pays mais on choisit ses amis. 

Le sourire est un cadeau qui ne coûte rien mais qui enrichit celui qui le donne comme celui qui le reçoit.

Quand je les reçois, je suis perplexe face à temps de poésie, ce qui m’empêche de répondre.

Les portables des jeunes iraniens, plus particulièrement ceux des garçons, regorgent aussi de vidéos. On y voit par exemple un arabe en tenue traditionnelle en train de manger cru un insecte ou un lézard. Pourquoi pas également un accident de voiture qui a fait cinq morts filmé en direct. Ou bien la vidéo d’un enfant de 3 ans en train de fumer de l’opium et d’insulter la personne qui le filme. Parfois, ce sont aussi des choses que la morale du pays réprouve totalement, et qui sont par conséquent objet d’une grande fierté.
Par Silouane
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 11 2007 13:10

Il y a deux endroits où je vais parfois prendre des repas populaires.

Ce midi, c’était une sorte de petite cantine qui fait des brochettes et de la soupe de lentille. Je rentre dans l’endroit, assez ouvert sur la rue. Une femme seule, quelques hommes seuls, un couple et deux jeunes filles sont assis aux tables communes. Dans une grande vitrine réfrigérée, je désigne les brochettes que je désire. Je choisis de la viande de mouton marinée dans une préparation avec du persil ou de la coriandre. J’aurais pu manger du foie et d’autres abats, ou bien du poulet mariné dans une préparation jaune. Mais le poulet m’ennuie, j’ai peur qu’il soit gonflé aux hormones. J’ai décidé de le boycotter. L’homme du restaurant s’empare des brochettes et les dispose sur un barbecue à gaz. Je vais m’asseoir. Les tables sont bleues, de la couleur de la nappe disposée sous une plaque de verre un peu sale. On me regarde parfois, particulièrement une petite fille, sans doute de la famille du patron, qui est assise derrière le bureau des encaissements. Elle rentre de l'école, elle porte un uniforme mauve pâle et elle a rejeté son foulard en arrière car il l'ennuie. Quelques minutes plus tard, le serveur, un homme d’environ 45 ans moustachu et buriné, m’apporte mes trois brochettes dans une corbeille en métal au milieu d’une tranche de pain plat lavash. Je commande alors un dough, yaourt salé dilué dans de l'eau. Je détache un à un les morceaux de viande avec du pain. C'est très bon.

Le soir, parfois, je vais dans une cantine de sous-sol qui sert une soupe verte et épaisse. Dès l'escalier qui donne sur le trottoir, la chaleur donne envie de rentrer. Là aussi, il y a des tables communes. Et là encore, le public n'est pas seulement constitué de routiers ou d'hommes seuls et un peu sales, comme on pourrait s'y attendre. Il y a quelques minettes, des couples, des femmes avec enfants et des personnes seules, des deux sexes. Au mur des posters touristiques de l'Iran. Un homme plonge une énorme louche dans une marmite encore plus grosse pour remlir un bol en plastique, il rajoute alors une préparation d'oignons revenus dans de l'huile et de la poudre couleur café. Nous allons nous asseoir une fois nos bols remplis. La salle est divisée en deux parties, dont une est spécifiquement réservée aux familles et aux femmes. Nous nous y asseyons malgré nos sexes de mâles, personne ne respecte la répartition de toute façon. La soupe est très roborative et je ne suis pas vraiment capable de distinguer ce quelle contient. Elle est bonne en tout cas.


J'ai oublié de vous prévenir : c'est l'hiver à Téhéran. Cela signifie que le froid est sec et saisissant. Mais la plupart du temps, le soleil continue de briller, parfois sur les montagnes enneignées qui constituent l'horizon de mes rues préférées.

Par Silouane
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