Jeudi 27 décembre 2007 4 27 12 2007 17:06
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Par Silouane
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Mercredi 26 décembre 2007 3 26 12 2007 16:19
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Le quotidien à Téhéran prend des vacances, mais vous laisse avec des images. Jusqu'au 6 janvier, retrouvez tous les jours la photo qui achèvera de vous convaincre de venir en Iran.
Par Silouane
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Mardi 25 décembre 2007 2 25 12 2007 15:45
La différence du rythme des révolutions de la Lune et du Soleil a provoqué en Iran une collision vendredi, celle de l’Eyd-e Qorban, la fête du sacrifice (surnommé abusivement l’Aïd en français), et Châb-e Yaldâ, la nuit la plus longue de l’hiver.

La fête du sacrifice est une des fêtes les plus importantes de l’islam. On y commémore par le sacrifice d’un mouton le sacrifice d’Abraham, et les foules se pressent à la Mecque. Le jour de cette fête est déterminé selon le calendrier lunaire.

Châb-e Yaldâ est une fête anté-islamique présente dans la religion zoroastrienne, et vraisemblablement encore antérieure. Elle marque le cœur de l’hiver et l’espoir du renouveau avec l’allongement des jours. On la célèbre en Iran en mangeant une pastèque et en ouvrant au hasard le Divân de Hâfez pour y lire son avenir. Cette fête dépend du calendrier solaire.


Je me demandais donc qui, des moutons ou des pastèques, serait le plus couru.

Eléments de réponse. Dans les rues ce 21 décembre, on voyait des pastèques partout et assez peu de moutons. Les vendeurs dans les magasins saluaient leurs clients en disant : « Yaldâ mobarak bâchid » (Bonne fête de Yaldâ), sans référence à l’Eyd-e Qorban. Plus tard, en demandant à un groupe de jeunes comment ils avaient occupé leur vendredi, j’apprenais que la grande majorité d’entre eux avaient fêté le solstice sans se préoccuper du sacrifice.

Par Silouane
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 12 2007 14:02

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Par Silouane
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Vendredi 21 décembre 2007 5 21 12 2007 07:23
Au milieu de la pollution de la fin des années 1970, sur un banc du parc Danechdjou ou au coin de la place Ferdowsi, une femme rouge. La robe qu’elle porte est rouge, les bretelles de sa robe aussi. Ses chaussures sont rouges, son sac à main rouge, sa montre rouge et la barrette dans ses cheveux, rouge sans doute. Elle ne parle pas et son visage a la tristesse de celui des Arméniens.

Elle est là depuis suffisamment longtemps pour qu’on ne se souvienne pas du jour où elle est arrivée. Au fil des jours rythmés par l’alternance des feux de la circulation, on l’a connue à Téhéran. Les enfants, sur le chemin de l’école, posent des questions à son sujet. On dit qu’elle a aimé un homme qui aimait le rouge. Elle avait rendez-vous à l’angle de la place. L’homme était en retard, alors elle a attendu et elle attend encore. Il y a d’autres légendes pour expliquer sa présence, et jamais la femme en rouge ne les contredit. Elle ne parle pas.

On la voit traverser l’avenue au milieu de la cohue des Peykan. A la main un sac à commission, elle disparaît dans la brume des gaz d’échappement. Certains la surnomme Yaghout, « rubis ». 

Pour elle comme pour ceux qui la côtoyaient quotidiennement, il y eut une révolution à la fin des années 1970. Les robes à bretelles et le rouge furent interdits. On raconte qu’elle resta à l’angle de la place Ferdowsi, elle avait recouvert sa robe rouge d’un long manteau noir et un foulard noir couvrait ses cheveux fatigués. Elle disparut après quelques années, vraisemblablement emportée par le silence.
Par Silouane
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 12 2007 07:19
Quand on trinque en Iran, on peut dire :

 

« A la santé de la fourmi parce que personne ne voit ses larmes »

Par Silouane
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 12 2007 00:00

Dans le taxi collectif j’étais assis à côté d’un homme en costume. Il portait sous sa veste marron clair un veston marron clair, et dans sa main il tenait un sac en plastique rempli de prospectus. De l’autre il téléphonait. Lors d’une pause dans la conversation, il a sorti des dents de son sac. Elles étaient posées sur un présentoir noir dans une boite transparente, et des étiquettes indiquaient le nom de la matière utilisée pour leur fabrication.

Par Silouane
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 12 2007 09:56

Un jour que je dégustais une grenade, les jambes recouvertes d'une
serviette préventive, une femme m'a dit qu'il y avait des grenades au
paradis. Amusée, je lui ai demandé s'il y avait aussi des pommes.
Concertation des convives: des pommes, non, mais des dattes, du miel, du
lait, du "vin qui ne rend pas ivre". Nous avons ensuite discuté de la
question des tâches: existe-t-il du produit pour les nettoyer au
paradis, des robes d'anges n'absorbant pas leur jus? Des grenades dont
la perfection irait jusqu'à la perte de leur tâchant?


Extrait d'un courrier reçu du Maroc.
 
Par Silouane
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 12 2007 07:00
Quand on monte la rampe d’accès d’un parking de trois étages un vendredi près du carrefour Istanbul, il y a d’abord un vendeur de chaussettes qui crie « Trois paires, 2000 tomans », puis un garçon de 8 ans qui joue de l’accordéon en s’époumonant et sa petite sœur, une boite en carton à la main, dont la voix résonne dans cet endroit pentu. Quand on continue l’ascension, laissant derrière leur voix, il y a d’autres vendeurs ambulants mêlés au parfum de l’essence et de renfermé. A l’issu de la rampe, c’est l’affluence du « Djom’é Bazar », marché du vendredi.

Sur les deux premiers étages de ce grand parking du centre de Téhéran, les voitures ont laissé la place à des draps étendus sur le sol et recouverts d’objets. Ils forment des allées entre lesquelles une foule se presse à la manière de voitures dans un embouteillage. 

On trouve dans ce lieu :
- Des céramiques anciennes et d’autres céramiques qui imitent des céramiques anciennes.
- Des sculptures de bouddha doré vraisemblablement fabriquées en Chine.
- Un marchand de billes qui les conserve dans des boites en plastique remplies d’eau. Un petit écriteau explique en trois langues « Je conserve les billes dans l’eau pour les protéger de la poussière ».

- Des touristes étrangers et des diplomates intéressés par les tapis.

- Des familles de milieu populaire qui viennent acheter un service à thé qu’un français lambda qualifierait « de mauvais goût ».

- Des serrures vieilles de plus de cinquante ans en métal grossièrement forgé, en forme de scorpion ou de cheval et aux mécanismes intriguants.

- Des vendeurs turkmènes de tuniques turkmènes en soie rouge qui me rappellent un été passé.

- Des livres de Gide en traduction persane et d’autres de Hedayat. Des livres de cuisine, des livres sur l’art italien en anglais ou sur les villes d’Espagne.

- Des jeunes filles branchées, cheveux ras sous le voile, qui semblent intéressées par des lunettes des années 1970 ou par des tissus afghans.

- Une vendeuse d’amples tuniques au style un peu baba-cool. Elle a plus de cinquante ans, des lèvres couvertes d’un beau rouge foncé. Elle a noué son voile noire et ouvragé derrière sa nuque, comme une Tchétchène. Elle a la peau bronzé, l’air digne d’une femme qui aurait survécu à la vie dans les communautés hippies de l’Ardèche dans les années 1970. Elle pourrait être cette vieille femme japonaise vendeuse de robes délurées en dentelle, comme celles des poupées d’après guerre, que j’avais rencontrée avec Hideko à Harajuku. Une cliente, soixante ans et l’allure féministe, essaie un vêtement pliée en deux et en perd son voile.

- Un marchand de vêtements écrus en fibre naturelle. Des hommes accompagnés de leur femme en tchador viennent acheter des chemises col mao à la mode en République Islamique, et de jeunes filles passent par dessus leur manto des tuniques à la coupe originale.

- Des propriétaires de tapis reprisés qui essaient de vendre à des étrangers leurs produits à haut prix. D’autres qui vendent des tapis étrangement peu chers.


Et aussi : des tourne-disques et des disques, des articles de pêche, des bouquets de fausse fleurs, des bijoux turkmènes, des anneaux et des pierres précieuses, un sapin de Noël en plastique, des photos du Chah, des billets de banque, un portrait de Kennedy, des horloges allemandes, des bagues en fil de fer, des céramiques peintes de ménora et d’étoile de David, et quelques originaux.

Par Silouane
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 12 2007 13:29
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Un train qui traverse le désert à une heure de Téhéran. Une grenade dont les grains éclatent entre les dents et qui salit les vêtements. Dans un parc, des hommes sous l'écran géant qui diffuse un feuilleton.


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Par Silouane
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